Les moyens d'extinction incendie internes et externes
Les moyens de secours prévus par la réglementation ERP se répartissent en plusieurs familles : moyens d'extinction, dispositions facilitant l'action des sapeurs-pompiers, service de sécurité incendie et système de sécurité incendie. Les moyens d'extinction eux-mêmes sont choisis parmi une liste fixée réglementairement : robinets d'incendie armés, déversoirs ponctuels, éléments de construction irrigués, bouches et poteaux d'incendie privés et points d'eau, colonnes sèches, colonnes en charge (dites colonnes humides), installations d'extinction automatique ou à commande manuelle, et moyens divers tels que réserves de sable ou couvertures.
Moyens d'extinction internes. Ils regroupent les appareils que le personnel, et éventuellement le public, peut mettre en oeuvre directement sur un début d'incendie : extincteurs portatifs, extincteurs sur roues, seaux et seaux-pompes d'incendie, complétés selon la nature et l'importance des risques par les robinets d'incendie armés, les colonnes sèches et colonnes humides, ou des installations fixes d'extinction automatique de type sprinkleur. Un extincteur doit porter un marquage précisant la ou les classes de feu qu'il permet d'éteindre, des pictogrammes d'utilisation et les restrictions éventuelles ; il doit être de manipulation facile, de couleur rouge pour faciliter sa localisation, et avoir justifié de son efficacité par un essai en laboratoire indépendant.
Moyens d'extinction externes. Ils comprennent les bouches et poteaux d'incendie publics ou privés, les points d'eau naturels ou artificiels accessibles aux moyens des services publics de secours, ainsi que les colonnes sèches qui permettent aux sapeurs-pompiers d'alimenter en eau les étages élevés d'un bâtiment depuis leurs propres engins-pompes.
Les installations d'extinction automatique à un agent autre que l'eau
Certains locaux ne supportent pas l'eau : salles de serveurs, locaux et armoires électriques, archives, réserves de matériel de valeur. Ils sont alors protégés par une installation d'extinction automatique à gaz, encadrée par l'article MS 30. Ce texte tient en deux règles que le chef de service doit connaître au mot près. D'une part, de telles installations ne peuvent être autorisées qu'après avis de la commission de sécurité : la commission rend un avis, c'est l'autorité de police qui autorise. D'autre part, les locaux de stockage des produits extincteurs autres qu'à l'eau sont des locaux à risques importants, avec les conséquences que cela emporte sur l'isolement et le désenfumage.
Le fonctionnement technique relève du référentiel SSIAP 2. Ce qui incombe au chef de service, c'est ce qui entoure l'installation : son contrat, ses échéances, sa documentation et l'organisation qui la rend sûre. Une IEAG a la particularité de posséder sa propre chaîne, distincte du SSI : elle ne se raccorde pas au CMSI, et son état est reporté vers le poste de sécurité et la télésurveillance. Elle n'apparaîtra donc pas sur le tableau de mise en sécurité, et cela doit être écrit noir sur blanc dans les consignes.
| Échéance | Objet |
|---|---|
| Deux fois par an | Visites de maintenance par un professionnel : essais du cycle par zone déclencheurs déconnectés, contrôle de pression ou de charge des réservoirs, vannes directionnelles, asservissements, audibilité et visibilité des dispositifs d'alarme |
| Annuelle | Essai d'intégrité du local, dit essai à l'infiltromètre, qui vérifie l'étanchéité. À refaire dès que le volume du local est modifié |
| Décennale (installation) | Remise en conformité complète de l'installation au référentiel en vigueur |
| Décennale (réservoirs) | Requalification périodique des bouteilles, au titre de la réglementation des équipements sous pression. À ne pas confondre avec la précédente : deux échéances, deux objets, deux prestataires possibles |
La mise hors service est un acte de management, pas un acte technique. Elle doit être limitée au minimum, en durée comme en surface protégée, et accompagnée de dispositions compensatoires à la fois techniques et organisationnelles : moyens d'extinction supplémentaires, renforcement de la surveillance, restriction des activités dans la zone. Au-delà de 24 heures d'indisponibilité, l'assureur est à prévenir. Toutes ces décisions se consignent au registre de sécurité, avec leur date, leur motif et leur levée.
Restent deux obligations d'organisation, souvent les plus mal tenues. La première est l'information des personnes : le personnel travaillant dans les locaux protégés, mais aussi les équipes de sécurité incendie, doivent connaître la présence de la chaîne, l'effet dangereux du gaz et la conduite à tenir en cas d'alarme. La seconde est l'encadrement des interventions : aucun travail ne devrait être engagé dans un volume protégé sans que la zone ait été neutralisée et sans qu'une liste des personnes présentes ait été remise au poste de sécurité. C'est de l'écart entre cette règle et la pratique que naissent les accidents.
Pour visualiser la chaîne complète et ses conséquences, le simulateur d'extinction automatique à gaz permet de dérouler la séquence, et le cours SSIAP 2 sur les IFEA en détaille le fonctionnement.
| Exigence | Valeur ou règle |
|---|---|
| Contenance minimale (extincteur à eau) | 6 litres (MS 38 § 3) |
| Couleur | Rouge (MS 38 § 3) |
| Hauteur maximale de la poignée de portage | 1,20 m du sol (MS 39 § 2) |
| Ratio d'implantation | Au minimum 1 appareil pour 200 m² et par niveau, avec au moins 2 appareils par établissement (MS 39 § 2) |
| Vérification périodique | Annuelle, par une personne ou un organisme compétent (MS 38 § 4) |
| Révision | Tous les 10 ans (MS 38 § 4) |
Un plan d'implantation des extincteurs et un relevé des vérifications doivent être portés au registre de sécurité de l'établissement, chaque appareil devant porter une étiquette identifiable mentionnant les années et mois des vérifications réalisées. Dans les lieux de travail relevant du Code du travail, une obligation similaire impose au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres minimum pour 200 m² de plancher, avec au moins un appareil par niveau (art. R 4227-29).

Il reste 3 fiches dans cette séquence
Voici ce qu'elles couvrent.
- Fiche 02 · Alerte
L'alerte des services de secours
- Fiche 03 · SSI
Le système de sécurité incendie (SSI)
Notions traitées : système de sécurité incendie, système de détection incendie, système de mise en sécurité incendie, dispositifs actionnés de sécurité, équipement d'alarme, unité de gestion d'alarme, déclencheurs manuels
- Fiche 04 · Application pratique
La gestion opérationnelle d'une alarme
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Créer mon compte gratuit →1. Quelle est la contenance minimale d'un extincteur à eau installé dans un ERP ?
2. Quel est le ratio minimal d'implantation des extincteurs portatifs ?
3. À quelle fréquence un extincteur doit-il faire l'objet d'une vérification par une personne ou un organisme compétent ?
4. Que désigne réglementairement le terme "alerte" ?
5. Quelle est la durée minimale d'autonomie électrique exigée pour le dispositif d'alerte dans un établissement comportant des locaux à sommeil ?
6. Combien de catégories de systèmes de sécurité incendie existe-t-il ?
7. Quels établissements doivent obligatoirement être équipés d'un SSI de catégorie A ?
8. Dans le scénario de gestion d'une alarme, quel est le délai maximal généralement retenu pour la levée de doute avant déclenchement automatique de l'alarme générale ?
0 / 8 répondues
Séquence suivante de la 3e partie :
Les visites →Sources et références
- Référentiel officiel : annexe IV de l'arrêté du 2 mai 2005 modifié (référentiel pédagogique SSIAP 3).
- Recueil réglementaire SSIAP.PRO : MS 4 à MS 40 (moyens d'extinction), MS 53 (catégories de SSI), MS 68 (entretien du SSI), MS 70 (alerte), PE 32 (SSI de catégorie A et locaux à sommeil), R 4227-29 du Code du travail (extincteurs dans les lieux de travail).
- Règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les ERP, arrêté du 25 juin 1980 modifié, Livre II, Titre Ier, Chapitre XI.