Formation obligatoire ou sensibilisation ?
Le partage se fait à 200 personnes de capacité d'accueil. Au-dessus, l'employeur doit mettre en oeuvre une véritable formation. En dessous, il reste tenu de sensibiliser son personnel en contact avec le public, et le plancher minimum attendu est la lecture attentive de la plaquette ministérielle "Bien accueillir les personnes handicapées", que tous les établissements recevant du public doivent par ailleurs intégrer à leur registre public d'accessibilité.
Combien de personnes votre établissement peut-il accueillir ?

Réglez le module sur votre poste
Le cours et les 6 mises en situation se dérouleront alors dans votre décor : le comptoir devient le PC sécurité, le poste de contrôle d'accès, la banque d'accueil, le guichet ou la caisse. Ce qui ne change pas, et ne changera jamais : les gestes, les textes cités, les seuils et le contrôle des connaissances. La théorie est commune, seule la transposition est propre à votre poste. Votre choix figurera sur votre justificatif, comme une déclaration de votre part.
Ce que vous saurez faire à la fin
Cette formation n'a pas de sigle : le ministère ne lui a donné qu'un intitulé. Nous l'appelons BAPHASE par commodité, et ce raccourci est le nôtre, sans valeur officielle. Ce module reprend l'intitulé retenu par le ministère, il comporte une mise en situation propre à l'environnement d'un établissement recevant du public, et il se termine par une évaluation des acquis. Pour les objectifs eux-mêmes, le tableau ci-dessous dit où chacun est traité. Un module qui affirmerait tout couvrir sans le montrer ne vous permettrait pas de le vérifier.
| Objectif attendu | Où il est traité ici |
|---|---|
| Connaître et comprendre les spécificités des différents handicaps | Comprendre et Les 5 familles |
| Savoir s'adapter à une diversité de situations d'accueil et d'accompagnement | Les 5 familles |
| Savoir adapter sa communication verbale et non verbale | Les 5 familles et Ce qui ne se devine pas |
| Acquérir les gestes, postures et techniques d'accompagnement propres à chaque famille | Les 5 familles et Ce qui ne se devine pas |
| Savoir proposer l'offre de service adaptée disponible dans la structure | L'offre de service adaptée |
Pourquoi cette obligation existe
Cette obligation n'est pas tombée d'un coup. Le droit a d'abord changé de vocabulaire, puis de règle : la faveur, puis l'égalité des droits et la participation. La loi de 2005 avait laissé du temps aux établissements existants : un délai "sans excéder dix ans", que porte encore l'article L. 164-2 du Code de la construction et de l'habitation. L'échéance approchait. Prise avant le terme, l'ordonnance du 26 septembre 2014 a organisé le rattrapage du bâti, et elle y a ajouté autre chose : les connaissances des personnels. Un bâti conforme ne suffit donc pas.
| Le texte | Ce qu'il déplace |
|---|---|
| Loi n° 75-534 du 30 juin 1975 d'orientation en faveur des personnes handicapées (JORF du 1er juillet 1975) | Le mot du titre est "en faveur". Le vocabulaire est celui de l'aide. |
| Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées | Les mots changent. Et l'article L. 114 du Code de l'action sociale et des familles fait entrer l'environnement dans la définition du handicap. |
| Convention relative aux droits des personnes handicapées, signée à New York le 30 mars 2007, publiée par le décret n° 2010-356 du 1er avril 2010 (JORF du 3 avril 2010) | Son article 2 définit la conception universelle. On ne corrige plus au cas par cas, on conçoit d'emblée pour tous. |
| Ordonnance n° 2014-1090 du 26 septembre 2014, ratifiée par la loi n° 2015-988 du 5 août 2015 | Après le bâti, les personnes. L'article 12 de l'ordonnance rend obligatoire l'acquisition de connaissances sur l'accueil des personnes handicapées. La loi de ratification du 5 août 2015 la codifie en créant l'article L. 4142-3-1 du Code du travail. Il met la formation à la charge de l'employeur, au-dessus de 200 personnes de capacité d'accueil. |

Le handicap n'est pas ce que l'on croit voir
La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 définit le handicap comme la rencontre entre une altération de fonction et un environnement inadapté. Ce n'est donc pas une caractéristique de la personne seule : c'est une situation, produite pour partie par le lieu, les procédures et le comportement de ceux qui accueillent. C'est précisément ce que votre travail peut changer, souvent sans aucun aménagement matériel.
Mettons cette définition à l'épreuve, dans le meilleur cas possible. Sur ce poste, l'employeur a fait toute sa part. Une personne s'avance vers le comptoir, un proche l'accompagne. Vous ne savez rien de son éventuelle altération, et vous venez de lire pourquoi : la plupart ne se voient pas. 3 obstacles demeurent pourtant, et les 3 se trouvent derrière le comptoir.
La part de l'employeur, déjà décidée et payée
- rampe posée à l'entrée
- signalétique refaite
- boucle magnétique au guichet
Obstacles produits par le poste : 3 sur 3. Aucun ne vient de la personne, aucun ne coûte un euro.
Votre part : 3 gestes, zéro euro, zéro autorisation
L'obstacle : La phrase part les yeux sur l'écran, et n'atteint que les visiteurs qui l'attendaient. Sans le savoir, le poste vient de trier les gens.
L'obstacle : Quelqu'un accompagne, la conversation glisse vers lui. La demande concerne la personne, et elle y assiste en spectatrice.
L'obstacle : Le poste installe d'office la personne à l'espace réservé, sans lui demander. L'aide imposée décide à sa place.
3 obstacles, tous derrière le comptoir.Le bâti est conforme, et la situation de handicap est toujours là. Ce qui la maintient ne relève plus de travaux : cela relève de la personne qui tient le poste. Actionnez chaque geste et regardez ce qu'il retire. Retirez-le, et regardez ce qui revient.
Le dispositif complet, en texte
Le schéma représente le comptoir, vu de dessus, dans le meilleur cas possible : l'employeur a déjà fait sa part. La rampe est posée à l'entrée, la signalétique est refaite, une boucle magnétique équipe le guichet. Une personne se tient devant le comptoir, accompagnée d'un proche. Elle est dessinée exactement de la même façon du début à la fin : rien de ce que vous actionnez ne la modifie.
3 obstacles restent, et les 3 viennent du poste. Se signaler avant de parler : tant que le geste n'est pas posé, l'agent parle les yeux sur son écran, et sa phrase n'atteint que les visiteurs qui l'attendaient. S'adresser à la personne, pas au proche : tant que le geste n'est pas posé, la conversation glisse vers l'accompagnateur, et la personne assiste à sa propre demande. Informer, laisser décider : tant que le geste n'est pas posé, le poste installe d'office la personne à l'espace réservé, sans lui demander son avis.
Chaque geste posé retire l'obstacle qu'il produisait, et chaque geste retiré le fait revenir à l'instant. Quand les 3 sont posés, la situation de handicap est tombée sans que le bâtiment ni la personne aient changé : c'est la définition de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005, qui fait naître le handicap de la rencontre entre une altération de fonction et un environnement inadapté. L'environnement, c'est le bâti, les procédures, et vous.
La différence entre les 2 parts est simple. La rampe, payée et posée une fois, sera encore là demain matin. Les 3 gestes repartent avec vous ce soir, et le prochain agent qui prendra le poste sans les connaître fera revenir les 3 obstacles. C'est ce que ce module vous transmet.
Regardez les mêmes personnes avec 2 jeux de lunettes :
La même chose, en texte
Le bâtiment répond aux déficiences intellectuelle et psychique par les mêmes aménagements : signalétique simple, pictogrammes, cheminement logique. Il les compte donc comme une seule famille, et la réglementation du bâti en distingue 4. Vous, à l'accueil, ne répondez pas du tout de la même façon : à l'une vous posez une question à la fois et faites reformuler, à l'autre vous parlez calmement sans fixer et sans contredire. C'est pourquoi la Délégation ministérielle à l'accessibilité en distingue 5 : on en compte 4 pour construire, 5 pour accueillir.
Les 5 familles, et les gestes qui vont avec
Les 5 fiches qui suivent reprennent la structure de la plaquette de la Délégation ministérielle à l'accessibilité : pour chaque famille, les difficultés réellement rencontrées par la personne, puis les réponses concrètes attendues de vous. Aucune ne demande de matériel. Toutes demandent d'y avoir pensé avant.
| Difficultés rencontrées | Ce que vous faites |
|---|---|
| La communication orale, la compréhension des consignes, l'accès aux informations sonores, le manque d'informations écrites. | Assurez-vous que la personne vous regarde avant de parler. Parlez face à elle, distinctement, à débit normal, sans exagérer l'articulation et sans crier. Privilégiez les phrases courtes et un vocabulaire simple. Utilisez le langage corporel : pointer du doigt, expressions du visage. Proposez de quoi écrire. Affichez l'information de façon visible, avec une signalétique claire et peu stylisée. |
| Difficultés rencontrées | Ce que vous faites |
|---|---|
| Les déplacements, la station debout et les attentes prolongées, la préhension des objets, parfois la parole. | Vérifiez que les espaces de circulation sont larges et dégagés. Informez la personne du niveau d'accessibilité du lieu pour qu'elle juge elle-même si elle a besoin d'aide. Pour échanger avec une personne en fauteuil, mettez-vous à sa hauteur autant que possible. Évitez de la faire attendre debout. |
| Difficultés rencontrées | Ce que vous faites |
|---|---|
| La concentration, le déchiffrage des informations et de la signalisation, l'utilisation des appareils, le repérage dans l'espace. | Patience, écoute, disponibilité, posture rassurante. Adressez-vous à la personne et non à son accompagnateur. Phrases simples, sans négation, une seule question à la fois, questions fermées si la communication est difficile. Vérifiez la compréhension en faisant reformuler. Recourez à l'image : plan, dessin, catalogue. N'infantilisez pas : vouvoyez, sauf demande contraire. Proposez votre aide sans faire à la place. Laissez faire, même si c'est long. |
| Difficultés rencontrées | Ce que vous faites |
|---|---|
| Un stress important, des gestes incontrôlés ou des réactions inadaptées au contexte, la communication. | Restez disponible, à l'écoute, patient, avec une posture rassurante. Dialoguez dans le calme, sans fixer la personne. Ne la contredisez pas, ne faites pas de reproche, rassurez-la en cas de problème. Soyez précis, et répétez calmement si nécessaire. |
| Difficultés rencontrées | Ce que vous faites |
|---|---|
| L'usage de l'écriture et de la lecture, le repérage des lieux et des entrées, les déplacements et l'identification des obstacles. | Présentez-vous oralement, nom et fonction, ainsi que tous les interlocuteurs présents. Adressez-vous à la personne, pas à son accompagnateur. Dites ce que vous faites : précisez quand vous vous éloignez et quand vous revenez. Décrivez méthodiquement le lieu. Proposez la lecture ou le résumé d'un document. Signalez tout changement dans l'environnement. |
3 gestes ne demandent ni budget, ni autorisation, ni matériel. Ils se voient mieux dessinés qu'expliqués. Basculez chaque scène.
Les 3 gestes, en texte
Parler en direction de la personne. Assurez-vous qu'elle vous regarde avant de commencer, placez-vous face à elle, le visage éclairé, et parlez distinctement à débit normal. Ne criez pas et n'exagérez pas l'articulation : l'un comme l'autre déforment les lèvres et rendent la lecture labiale impossible. Si cela ne passe toujours pas, écrivez : un bloc et un stylo à l'accueil règlent beaucoup de situations en quelques secondes.
S'adresser à la personne, jamais à son accompagnateur. Même quand le proche répond à votre place, la question se pose à la personne concernée. Présentez-vous oralement, votre nom et votre fonction, ainsi que les autres interlocuteurs présents, et dites-le quand vous vous éloignez.
Proposer son bras, ne jamais prendre celui de l'autre. C'est à la personne de poser sa main sur votre avant-bras, pas à vous de saisir le sien. Proposez votre aide, ne l'imposez pas : un refus n'est pas un rejet. Et rappelez-vous que le chien guide ou d'assistance travaille : il entre partout où la personne entre, on ne le caresse pas et on ne le distrait pas.
Ces 3 gestes ne relèvent d'aucun aménagement et ne dépendent d'aucune décision de votre employeur. Ils vous appartiennent entièrement.
Ce qui ne se devine pas
6 gestes que presque personne n'a en réflexe, et qui font toute la différence entre un accueil correct et un accueil réellement adapté.
| Le réflexe spontané | Le geste attendu |
|---|---|
| Prendre le bras d'une personne aveugle pour la guider. | Ne prenez pas son bras : proposez votre coude et marchez un peu devant pour guider, en adaptant votre rythme. Indiquez clairement les changements de direction. |
| Se placer du côté du chien guide, ou le caresser. | Si la personne a un chien guide ou une canne, placez-vous de l'autre côté. Ne dérangez pas le chien en l'appelant, en le caressant, en le distrayant ou en saisissant son harnais : il travaille. |
| Refuser l'animal à l'entrée de l'établissement. | Les chiens guides d'aveugles et les chiens d'assistance doivent être acceptés dans l'établissement. Depuis le 19 août 2026, 2 cartes ouvrent ce droit : la carte "mobilité inclusion" portant les mentions "invalidité" et "priorité", et la carte d'invalidité du code des pensions militaires. L'éducateur du chien entre lui aussi, pendant toute la période de formation de l'animal. |
| Penser qu'une personne aveugle ne peut pas signer un document. | Les personnes malvoyantes comme aveugles peuvent signer. Il suffit de placer leur doigt à l'endroit où elles vont apposer leur signature. |
| Parler à l'accompagnateur, qui répond plus vite. | Adressez-vous toujours à la personne concernée, jamais à son accompagnateur. C'est elle votre interlocutrice. |
| Orienter systématiquement vers l'aménagement adapté. | L'aménagement conçu pour la déficience motrice n'est pas le meilleur pour les autres. Une personne avec un handicap autre que moteur est souvent mieux installée dans un espace ordinaire. Demandez plutôt que de présumer. |
L'offre de service adaptée
Le référentiel demande de "savoir proposer l'offre de service adaptée disponible au sein de la structure ou du véhicule en réponse à la situation particulière". Derrière cette phrase, une chose simple : votre établissement possède déjà des moyens adaptés. Ils ont été achetés, installés, parfois imposés par la réglementation. Il reste qu'un moyen que personne ne connaît au comptoir n'existe pas. C'est d'ailleurs l'argument que le référentiel avance dès sa page 3 : les "éventuels outils ou matériels spécifiques mis à la disposition du public" font partie, écrit-il, des connaissances qui "nécessitent une formation en bonne et due forme".
| Le moyen, s'il existe chez vous | Ce qu'il permet, et comment vous le proposez |
|---|---|
| Boucle à induction magnétique | Les 2 arrêtés la nomment "système de transmission du signal acoustique par induction magnétique" et renvoient à la norme NF EN 60118-4 : le son de l'accueil est transmis par induction, et pas seulement par l'air de la salle. Vérifiez qu'elle est enclenchée en prenant votre poste, et que rien ne masque son pictogramme. Puis dites-le, au lieu d'attendre qu'on vous le demande. |
| Documents en gros caractères, en braille, ou en version facile à lire et à comprendre | S'ils existent chez vous, ils sont rangés quelque part : sachez où, sinon ils ne sortiront pas du tiroir. Proposez-les avant que la personne ait à expliquer pourquoi elle en a besoin. |
| L'aide humaine | Accompagner jusqu'au bon interlocuteur, lire à voix haute l'écran d'un automate, remplir un formulaire sous la dictée, porter ses achats ou son bagage jusqu'à la sortie. C'est le moyen dont vous disposez toujours : c'est vous. Proposez-le, et laissez la personne dire si elle le veut et comment. |
| Banque d'accueil, guichet | Les 2 arrêtés demandent que les banques d'accueil et les mobiliers en faisant office soient utilisables par une personne en position "debout" comme en position "assis", et qu'ils permettent la communication visuelle de face. Quand le vôtre ne le permet pas, c'est vous qui vous déplacez, pas la personne. |
| Caisses en batterie ou en série | Les 2 arrêtés y consacrent leur article 19. Un nombre minimal de caisses est adapté et accessible par un cheminement accessible, et le texte ajoute que "l'un d'entre eux est prioritairement ouvert". La caisse accessible n'est donc pas une caisse de secours que l'on ouvre à la demande : c'est celle que l'on ouvre en priorité. Orientez-y sans faire la leçon, et sans faire refaire la file. |
| Priorité dans les files d'attente et aux places assises | Ce n'est pas une faveur que vous accordez. L'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles attache la priorité d'accès aux places assises et la priorité dans les files d'attente à la carte "mobilité inclusion" portant la mention "invalidité", comme à celle portant la mention "priorité". Pour la mention "invalidité", la priorité d'accès aux places assises vaut "tant pour son titulaire que pour la personne qui l'accompagne dans ses déplacements". Le texte ajoute que cette disposition "doit être rappelée par un affichage clair et visible dans les lieux dans lesquels ce droit s'exerce". |
| Prêt de matériel | Fauteuil roulant, siège pliant, loupe, casque, tablette d'écriture, chariot : ce qui existe change d'un établissement à l'autre. Aucune liste générale ne vous servira. Le seul inventaire qui compte est celui du vôtre, et il se fait un jour calme, pas devant quelqu'un qui attend. |
| Place réservée, emplacement adapté | Il se propose, il ne s'impose pas. Le tableau des 6 réflexes l'a déjà dit : une personne dont le handicap n'est pas moteur est souvent mieux installée dans un espace ordinaire. Vous annoncez ce qui existe, la personne choisit. |
| Dans un véhicule, une gare, un point d'arrêt | L'attendu vise "la structure ou le véhicule". Le référentiel range dans le service adapté le fait d'actionner des dispositifs "dont la manoeuvre peut être complexe", et il cite les palettes et les élévateurs. Il y range aussi l'aide à "accomplir certaines tâches", et il cite l'arrimage du fauteuil et la validation ou l'achat d'un titre de transport. Ces gestes s'apprennent sur le matériel de votre réseau, jamais dans un cours. |

Mise à l'abri et espaces d'attente sécurisés
Depuis la loi de 2005, on ne peut pas refuser l'accès d'un établissement à une personne handicapée au motif qu'on ne saurait pas l'évacuer. La conséquence est directe : puisqu'elle entre, il faut avoir prévu comment elle sort. La réponse réglementaire ne consiste pas toujours à la faire sortir tout de suite, et c'est ce qui surprend le plus.
Deuxième étage, un feu se déclare. Une personne en fauteuil ne peut pas prendre l'escalier. Choisissez la réponse, et regardez ce qu'elle donne.
La même chose, en texte
Évacuation accompagnée. Des personnels formés font descendre la personne. C'est la première réponse envisagée par le règlement : l'article GN 8 place en tête de ses 7 principes l'obligation de tenir compte de "l'aide humaine disponible en permanence pour participer à l'évacuation". Elle suppose des personnes formées, présentes, et une technique apprise. Improvisée à 3 dans un escalier enfumé, elle met en danger la personne et les porteurs.
Transfert horizontal. On ne descend pas : on passe derrière le mur coupe-feu, dans un compartiment que le feu n'a pas atteint, au même niveau. C'est la solution organisée par principe dans les établissements de soins de type U et les structures d'accueil de personnes âgées ou handicapées de type J, où toutes les familles de handicap sont présentes en même temps.
Espace d'attente sécurisé. La personne entre dans un volume protégé du feu et des fumées, et y attend. L'article GN 8 impose d'en créer "à chaque niveau", et l'article CO 59 précise qu'il y en a au minimum 2 par niveau accessible en fauteuil, chacun d'une capacité minimale de 2 personnes en fauteuil, avec un dispositif d'appel. ⛔ Mais l'espace protège, il n'alerte pas à votre place : conduire quelqu'un sans le signaler revient à l'oublier.
Ne rien faire de particulier. Ce n'est pas une option. Depuis la loi du 11 février 2005, on ne peut pas refuser l'accès d'un établissement à une personne handicapée au motif qu'on ne saurait pas l'évacuer. Puisqu'elle entre, la réponse doit avoir été prévue, écrite dans le dossier de l'établissement, et connue de vous.
La question à retenir, et à poser à votre responsable en sortant : laquelle de ces 3 réponses est celle de votre établissement, à votre étage, et qui prévient qui ?
| Ce que le règlement impose | Ce que cela veut dire à votre poste |
|---|---|
| 1. Tenir compte de la nature de l'exploitation et en particulier de l'aide humaine disponible en permanence pour participer à l'évacuation. | C'est le premier principe de la liste, avant même les locaux. Vous n'êtes pas un complément du dispositif : vous en êtes la première pièce. |
| 2. Formaliser dans le dossier de l'établissement la ou les solutions retenues pour l'évacuation de chaque niveau. | La réponse existe par écrit quelque part. Demandez-la : ce n'est pas une question indiscrète, c'est une pièce du dossier. |
| 3. Créer à chaque niveau des espaces d'attente sécurisés. | Il y en a donc un à votre étage. Savoir où il est fait partie du métier. |
| 4. Créer des cheminements praticables menant aux sorties ou aux espaces d'attente. | Un carton posé dans ce couloir n'est pas un simple désordre : c'est un cheminement supprimé. |
| 5. Installer un équipement d'alarme perceptible tenant compte des différentes situations de handicap des personnes amenées à fréquenter les locaux isolément. | Une alarme uniquement sonore ne satisfait pas ce principe. C'est ce que montre le schéma ci-dessus. |
| 6. Garder la trace de la solution retenue, validée par la commission de sécurité. | La solution de votre établissement a été examinée. Elle est opposable, dans les 2 sens. |
| 7. Élaborer les procédures et consignes d'évacuation prenant en compte les différents types de handicap. | Une consigne unique pour tous ne suffit pas. Si la vôtre ne distingue rien, c'est un point à remonter. |
L'alarme se déclenche dans un hall de 6 personnes. Activez les canaux et regardez qui est réellement prévenu.
La même chose, en texte
Signal sonore seul : 5 personnes sur 6. La personne sourde n'est pas atteinte. Un son plus fort n'y change rien, et crier déforme le visage, ce qui empêche en plus la lecture sur les lèvres.
Signal sonore et flash : 6 sur 6, dans ce hall. Le flash rattrape la personne sourde, parce qu'elle le voit. Mais un flash ne couvre que les locaux où il est installé et où on le regarde : ni les sanitaires, ni la réserve, ni une cabine d'essayage, ni un ascenseur.
Une personne qui va prévenir : 6 sur 6, partout. C'est le seul canal qui ne dépend ni d'une audition, ni d'un angle de vue, ni d'un équipement installé au bon endroit. Concrètement : entrer dans le champ de vision, s'assurer que la personne vous regarde, et montrer la sortie du geste.
La conclusion à retenir n'est pas que le flash serait inutile, il est très utile. C'est qu'aucun signal ne remplace une personne, et que savoir qui va chercher qui fait partie des consignes de votre établissement.
Et ce n'est pas qu'une bonne pratique. L'article GN 8 du règlement de sécurité des établissements recevant du public énonce 7 principes pour l'évacuation des personnes en situation de handicap. Son principe n° 5 impose d'"installer un équipement d'alarme perceptible tenant compte de la spécificité des locaux et des différentes situations de handicap des personnes amenées à les fréquenter isolément". Et son tout premier principe, avant même les espaces d'attente sécurisés, est de "tenir compte de la nature de l'exploitation et en particulier de l'aide humaine disponible en permanence pour participer à l'évacuation". Le règlement met donc l'humain en tête, exactement comme ce schéma.
La formation doit laisser une trace écrite
Le registre public d'accessibilité a été créé par le décret n° 2017-431 du 28 mars 2017, et son contenu fixé par l'arrêté du 19 avril 2017. Tout établissement recevant du public doit le tenir à la disposition du public. Il comporte notamment une partie consacrée à la formation du personnel.
| Selon l'établissement | Pièce attendue |
|---|---|
| Tous les établissements, y compris de 5e catégorie | La plaquette ministérielle "Bien accueillir les personnes handicapées" doit être intégrée au registre. Sa lecture attentive constitue le plancher minimum de la sensibilisation. |
| Établissements de 1re à 4e catégorie | "Une attestation signée et mise à jour annuellement par l'employeur décrivant les actions de formation des personnels chargés de l'accueil des personnes handicapées et leurs justificatifs." |
| Personnel affecté à plusieurs établissements | L'attestation peut être réalisée pour l'ensemble des établissements concernés. |
Ce qui ne doit pas repartir avec vous
Le module l'a déjà posé : ce que le poste change repart avec l'agent le soir. Le visiteur, lui, ne choisit pas son jour. Il pousse la porte quand c'est le vacataire qui tient l'accueil, ou le week-end, quand c'est votre remplaçant. S'il tombe sur 3 accueils différents selon le jour, l'établissement n'a pas un accueil adapté : il a une loterie. Voici 5 façons de sortir les gestes de votre tête. Le référentiel note lui-même que banaliser une journée ou plus pour former toute l'équipe "pourrait empêcher l'hôtel, le club, le centre de vacances de fonctionner correctement pendant ce temps" : aucune de ces 5 façons ne le demande.
| L'outil | Ce que vous faites, concrètement |
|---|---|
| La fiche réflexe au poste | Une page, pas un classeur. Des gestes, pas des principes : quelques lignes par famille de handicap, puis les 3 réponses propres à l'établissement : laquelle des 3 solutions de la Mise à l'abri et espaces d'attente sécurisés est la vôtre et où elle se trouve, qui alerter, comment prévenir une personne sourde. Affichée côté agent. |
| La consigne d'accueil écrite à plusieurs | Une consigne subie s'applique de travers. Rédigée avec ceux qui tiennent le poste, elle s'applique. Chacun apporte la situation qui l'a mis en difficulté. On en profite pour lire la consigne d'évacuation : le septième principe de l'article GN 8 impose de l'élaborer "sous l'autorité de l'exploitant" en "prenant en compte les différents types de handicap". Si la vôtre n'en distingue aucun, c'est un point à remonter, pas à corriger vous-même. |
| Le point en débriefing d'équipe | Une situation réelle par relève, racontée vite : ce qui a coincé, ce qui a marché, ce qu'on fera la prochaine fois. ⛔ Une règle tient l'exercice : on ne simule jamais une déficience. On fait varier l'environnement et la posture de l'agent, jamais la personne. |
| Le passage de consigne au nouvel arrivant | Le référentiel note que la contrainte de former grandit là où le personnel change : "C'est encore plus prononcé avec des vacataires ou des saisonniers." Le premier jour, 3 choses passent avant le reste : la fiche réflexe, la solution prévue pour une personne qui ne peut pas descendre, le nom de celui qu'on alerte. |
| La remontée écrite au responsable | Ce qui se dit dans un couloir n'existe pas. Écrivez, datez, restez factuel, sans nommer la personne accueillie. Et demandez que votre justificatif de suivi rejoigne la pièce de l'employeur, que le référentiel décrit comme "une attestation signée de l'employeur tenant à jour la liste des personnels d'accueil formés". |

6 situations, à votre poste de travail
Chaque situation se passe dans un établissement recevant du public. Vous choisissez ce que vous faites, et la réponse vous dit pourquoi. Il n'y a pas de piège : il y a des réflexes à corriger.
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Le module reste entièrement gratuit. Un compte gratuit permet d'enregistrer votre résultat et de le retrouver sur tous vos appareils.
Créer mon compte gratuit →1. À partir de quelle capacité d'accueil la formation à l'accueil des personnes handicapées devient-elle obligatoire ?
2. Un établissement de 150 personnes de capacité est-il dispensé de toute obligation ?
3. Qui doit être formé dans l'établissement ?
4. Vous guidez une personne aveugle. Quel est le geste attendu ?
5. Une personne se présente avec un chien guide. Que faites-vous ?
6. Vous parlez à une personne malentendante. Quelle attitude est correcte ?
7. Une personne en fauteuil ne peut pas descendre par l'escalier lors d'une évacuation. Quelle réponse n'est PAS prévue par la réglementation ?
8. Quelle pièce relative à la formation le registre public d'accessibilité doit-il contenir pour un ERP de 1re à 4e catégorie ?
9. Une personne ne peut pas utiliser un service dans les conditions habituelles. À quelle condition l'objectif d'accès aux services est-il rempli ?
10. Offrir la même qualité de service à tous, qu'est-ce que cela implique ?
11. Depuis la loi du 11 février 2005, d'où naît la situation de handicap ?
12. Que vise l'homogénéité des pratiques d'accueil au sein d'une structure ?
13. Vous avez dépanné une personne en improvisant, parce que la voie prévue ne fonctionnait pas. Qu'attend-on de vous ensuite ?
0 / 13 répondues
La pièce que votre employeur classe au registre
Le module et son évaluation sont gratuits. La délivrance de l'attestation nominative, elle, est réservée aux abonnés SSIAPiste, ce qui inclut les apprenants inscrits par un formateur. Le document est nominatif, daté, scellé par une empreinte numérique, vérifiable publiquement par n'importe qui, et révocable. Il atteste un suivi : ni diplôme, ni certification, et ssiap.pro n'est pas l'organisme de formation.
À quoi ressemble votre justificatif
- Ce qu'il attesteLa validation des 2 épreuves : le contrôle des connaissances, au seuil de 70 %, et la mise en situation, traitée en entier et réussie aux 2/3.
- Nominatif et datéÉtabli à votre nom, avec la date de validation. Pas un document générique.
- ScelléUne empreinte numérique fige son contenu : une version modifiée ne passe pas la vérification.
- Vérifiable par QR codeEmployeur ou contrôleur : un scan suffit pour confirmer qu'il est authentique, sans compte.
- RévocableUn document délivré à tort peut être retiré. C'est ce qui donne du poids à ceux qui restent valides.
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Les questions que pose cette obligation
Qui doit suivre cette formation à l'accueil des personnes handicapées ?
L'article L. 4142-3-1 du code du travail vise les professionnels en contact avec les usagers et les clients, dans les ERP dont la capacité d'accueil dépasse 200 personnes. L'obligation pèse sur l'employeur, qui doit la mettre en oeuvre : ce n'est pas à l'agent de s'en charger. Le référentiel ministériel retient une lecture large du contact, qui couvre aussi les personnels sans mission d'accueil dédiée mais que le public sollicite.
Un agent SSIAP est-il concerné par cette obligation ?
Dans le cas général, oui. Le service de sécurité incendie n'existe réglementairement que pendant la présence du public : les articles MS 45 et MS 46 le disent l'un et l'autre. Un agent en ronde, en tenue, identifiable, est sollicité au moins autant que les personnels que le référentiel cite en exemple. Aucun texte ne tranche cependant le cas d'un agent qui ne quitterait jamais le poste de sécurité, et nous n'avons trouvé aucune décision de justice sur ce point précis.
Tous les établissements recevant du public sont-ils concernés ?
Non, et 2 critères différents sont souvent confondus. L'obligation de formation se cale sur la capacité d'accueil : 200 personnes, au titre du code du travail. La pièce à verser au registre public d'accessibilité se cale sur la catégorie de l'établissement, de la 1re à la 4e, au titre de l'arrêté du 19 avril 2017. Un établissement peut donc relever de l'une sans relever de l'autre. En dessous du seuil, une sensibilisation reste attendue, dont le plancher est la plaquette ministérielle.
Faut-il obligatoirement passer par un organisme de formation ?
Non. L'article L. 4142-3-1 dit que l'employeur met en œuvre une formation. Il ne nomme aucun organisme, n'exige aucune déclaration d'activité ni aucune certification qualité, et ne fixe ni durée ni contenu minimal. Le référentiel de la Délégation ministérielle à l'accessibilité admet explicitement l'autoformation et le distanciel. En pratique, beaucoup d'employeurs attestent eux-mêmes de la formation de leurs agents, y compris quand un prestataire est intervenu.
Que risque l'établissement si personne n'est formé ?
2 manquements distincts, 2 sanctions, 2 autorités. Ne pas former relève de l'article L. 4741-1 du code du travail : 10 000 euros d'amende, appliquée autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés, constatée par l'inspection du travail. Ne pas tenir le registre relève de l'article L. 183-4 du code de la construction et de l'habitation : 45 000 euros. L'une et l'autre sont des sanctions pénales, prononcées par un tribunal, et non des amendes administratives. Nous n'avons recherché aucune jurisprudence sur leur application effective à ce manquement précis.
Le justificatif délivré ici suffit-il pour le registre ?
Non, et il ne le prétend pas. Ce que l'arrêté du 19 avril 2017 exige au registre, c'est une attestation signée et mise à jour annuellement par l'employeur lui-même, décrivant les actions de formation et leurs justificatifs. Le document délivré ici est l'un de ces justificatifs, nominatif et vérifiable : il se joint à l'attestation de l'employeur, il ne la remplace pas. ssiap.pro n'est pas un organisme de formation, et ce document n'est ni un diplôme, ni un titre.
Faut-il refaire cette formation chaque année ?
C'est l'attestation de l'employeur qui est annuelle, pas nécessairement la formation. L'arrêté impose une pièce signée et mise à jour chaque année, décrivant les actions menées. Aucun texte que nous ayons trouvé ne fixe de périodicité à la formation elle-même, ni de durée de validité à un justificatif individuel. Le justificatif délivré ici est calé sur l'année civile, précisément pour épouser le rythme de mise à jour du registre.
Cette formation a-t-elle un sigle, comme SSIAP 1, 2 ou 3 ?
Non, et c'est probablement pour cela qu'on l'oublie. Le ministère ne lui a donné aucun acronyme : elle n'a qu'un intitulé, "Bien accueillir les personnes handicapées au sein de son établissement". Sur ssiap.pro nous l'appelons BAPHASE, par commodité. Ce raccourci est le nôtre et n'a aucune valeur officielle : il n'existe ni examen, ni carte, ni numéro, ni liste de formations reconnues, le décret qui devait la fixer n'étant jamais paru.
Sources et références
- Article L. 4142-3-1 du Code du travail, créé par la loi n° 2015-988 du 5 août 2015 ratifiant l'ordonnance n° 2014-1090 du 26 septembre 2014 (article 12).
- Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
- Délégation ministérielle à l'accessibilité, Référentiel des attendus relatifs à la formation obligatoire à l'accueil des personnes handicapées dans les établissements recevant du public et les réseaux de transports publics.
- Délégation ministérielle à l'accessibilité, plaquette Bien accueillir les personnes handicapées, et sa déclinaison pour les hôtels et lieux d'hébergement, édition 2023.
- Registre public d'accessibilité : décret n° 2017-431 du 28 mars 2017 et arrêté du 19 avril 2017 ; guide ministériel d'aide au registre, mise à jour de mai 2025.
- Recueil réglementaire SSIAP.PRO : GN 8.