Cours SSIAP 2 · Partie 3, Séquence 1

Réglementation
Code du travail

Cette séquence marque un changement de registre : jusqu'ici formé à la réglementation incendie des établissements recevant du public (ERP) et des immeubles de grande hauteur (IGH), régie par le Code de la construction et de l'habitation, le chef d'équipe SSIAP exerce aussi, très souvent, dans des locaux relevant du Code du travail, bureaux, entrepôts, ateliers, dont la logique de prévention diffère.

  • Séquence01 / P3
  • Durée référentiel4 h 00
  • DiplômeSSIAP 2
  • Fiches04
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Cadre réglementaireCette séquence s'appuie sur le Code du travail, et notamment sur les articles L.4131-1 et L.4132-1 (danger grave et imminent, droit de retrait), ainsi que sur les articles R.4216-1 et suivants (obligations du maître d'ouvrage, décret n° 92-332 du 31 mars 1992) et R.4227-1 et suivants (obligations de l'employeur utilisateur, décret n° 92-333 du 31 mars 1992).
ObjectifsÀ l'issue de cette séquence, vous devez être capable de : identifier les principales dispositions du Code du travail en matière de prévention et de protection incendie dans les locaux de travail ; distinguer les obligations du maître d'ouvrage de celles de l'employeur ; différencier danger et risque et comprendre le déroulement d'un accident du travail ; utiliser l'arbre des causes pour analyser un accident ; définir le danger grave et imminent et le droit de retrait, et savoir les appliquer.
Fiche 01 · Cadre

2 logiques de prévention : maître d'ouvrage et employeur

Le Code du travail encadre la sécurité incendie dans les lieux de travail depuis la transposition, par les décrets n° 92-332 et n° 92-333 du 31 mars 1992, de la directive européenne 89/654/CEE relative aux prescriptions minimales de sécurité et de santé pour les lieux de travail. Ces deux décrets ont donné naissance à deux corps de règles distincts, aujourd'hui codifiés.

01

Le maître d'ouvrage

Articles R.4216-1 et suivants (décret 92-332), applicables aux locaux dont la demande de permis de construire ou d'aménagement est postérieure au 1er janvier 1993 : dégagements, désenfumage (R.4216-13 à R.4216-16), chauffage, matières inflammables, dispositions spécifiques aux bâtiments de plus de 8 mètres (R.4216-24 à R.4216-29).

02

L'employeur utilisateur

Articles R.4227-1 et suivants (décret 92-333), qui s'imposent pour l'exploitation quotidienne des locaux existants, indépendamment de leur date de construction : dégagements, chauffage, matières inflammables, moyens d'extinction, consignes de sécurité et formation du personnel.

À retenirDécret 92-332 → article R.4216 → maître d'ouvrage → constructions neuves et modifications. Décret 92-333 → article R.4227 → employeur → exploitation des locaux existants.

Quelques obligations concrètes, particulièrement utiles au chef d'équipe intervenant en entreprise : l'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour que tout commencement d'incendie puisse être rapidement combattu (R.4227-28) ; les établissements doivent être équipés d'au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² de plancher, avec un minimum d'un appareil par niveau (R.4227-29) ; une consigne de sécurité incendie doit être affichée dans chaque local pouvant recevoir 5 personnes au moins (R.4227-37 et R.4227-38).

Pour le chef d'équipeL'article R.4227-1 exclut de ce corpus les immeubles de grande hauteur (règles spécifiques du CCH) et les ERP lorsque des dispositions plus contraignantes du CCH leur sont applicables. Avant d'appliquer une règle, vérifiez toujours si votre établissement relève du Code du travail seul, du CCH (ERP/IGH), ou d'une combinaison des deux.

Ces obligations découlent des principes généraux de prévention posés par l'article L.4121-1 du Code du travail : l'employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs par des actions de prévention, d'information et de formation, et par une organisation adaptée. L'article L.4121-2 en décline la méthode : éviter les risques, évaluer ceux qui ne peuvent l'être, les combattre à la source, donner la priorité aux protections collectives sur les protections individuelles, et donner des instructions appropriées aux travailleurs.

Fiche 02 · Prévention

Le document unique et le plan de prévention

Depuis 2001, l'employeur doit recenser les risques présents dans son entreprise, évaluer leur gravité et leur probabilité de survenue, et consigner ces informations dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). L'article R.4121-1 du Code du travail précise que ce document comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l'entreprise ou de l'établissement.

L'inventaire est réalisé par l'employeur en observant les tâches réelles, en recueillant l'avis des salariés et en analysant les accidents du travail déjà survenus pour repérer les situations à risque. Seuls les risques effectivement présents dans l'entreprise doivent y figurer. Depuis le décret n° 2022-395, l'article R. 4121-2 impose une mise à jour au moins annuelle dans les entreprises d'au moins onze salariés ; dans tous les cas, le document est mis à jour lors de toute décision d'aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité, et lorsqu'une information supplémentaire sur l'évaluation d'un risque parvient à l'employeur, notamment après un accident du travail ; depuis le décret n° 2008-1347, l'employeur doit le tenir à disposition des travailleurs et afficher un avis indiquant où il peut être consulté.

01

Objectif

Améliorer la santé au travail en diminuant les accidents du travail et les maladies professionnelles, et améliorer plus largement les conditions de travail.

02

Le plan de prévention

Formalise la coordination entre entreprises. Obligatoire par écrit dès que les travaux représentent au moins 400 heures sur 12 mois, ou figurent sur la liste des travaux dangereux (arrêté du 19 mars 1993).

L'article R.4512-6 du Code du travail impose, dans tous les cas d'intervention d'une entreprise extérieure au sein d'une entreprise utilisatrice, quel que soit le nombre d'heures travaillées, une inspection commune préalable des lieux d'intervention afin d'identifier les risques d'interférence entre activités et installations. Le plan de prévention qui en résulte doit définir les phases d'activité dangereuses, les moyens de prévention spécifiques, l'adaptation des matériels, les instructions données aux salariés et l'organisation des premiers secours.

Pour le chef d'équipeLe plan de prévention est, côté Code du travail, l'équivalent de ce que le permis de feu organise pour les travaux par point chaud : une coordination formalisée entre l'entreprise utilisatrice et l'entreprise extérieure avant le début de l'intervention, pour prévenir les risques d'interférence.

Il reste 2 fiches dans cette séquence

Voici ce qu'elles couvrent.

  1. Fiche 03 · Analyse

    Danger, risque et accident du travail

    Notions traitées : protection du travailleur isolé, comité social et économique (CSE)

  2. Fiche 04 · Application

    Danger grave et imminent, droit de retrait

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Application pratique · 1 h 00

Scénario de danger imminent

La séquence se conclut par une mise en situation construite autour d'un scénario de danger imminent.

Exemple de scénario : un salarié signale une forte odeur de gaz et un bruit de sifflement anormal près d'une chaufferie, ou la découverte d'un début de fumée dans un local de stockage de produits inflammables.
  1. Qualifier la situation : danger grave et imminent, danger habituel déjà maîtrisé, ou situation incertaine nécessitant une vérification immédiate ?
  2. Décrire, étape par étape, la conduite à tenir : recueil de l'alerte, actions immédiates de mise en sécurité, transmission à la hiérarchie et, le cas échéant, aux services de secours, traçabilité de l'événement sur la main courante.
  3. Identifier les éléments factuels (Individu / Tâche / Matériel / Milieu) qui permettraient, a posteriori, de construire un arbre des causes de l'événement, sans jugement ni recherche de responsabilité.

Le débriefing collectif veille à ce que chaque stagiaire distingue son rôle opérationnel (mise en sécurité, alerte, traçabilité) de la décision d'exercice du droit de retrait, qui appartient au salarié lui-même dans le cadre défini par les articles L.4131-1 et L.4132-1.

JurisprudenceUn agent SSIAP d'un centre hospitalier public réclame la requalification de ses heures de repos nocturne contraint en temps de travail effectif, dans le cadre d'un cycle de 24 heures de garde suivies de 72 heures de repos. Dix agents du même service portent des requêtes similaires. Lire l'analyse →

Les points essentiels de la séquence

Ce qu'il faut retenir avant de passer au QCM

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1. Les articles R.4216-1 et suivants du Code du travail, issus du décret n° 92-332, s'imposent en premier lieu à :

2. Les articles R.4227-1 et suivants du Code du travail, issus du décret n° 92-333, s'imposent à :

3. Le document qui recense l'ensemble des risques professionnels identifiés dans chaque unité de travail d'un établissement est :

4. Un plan de prévention écrit doit obligatoirement être établi avant le début des travaux dès lors que :

5. Un accident du travail doit être déclaré par l'employeur à la caisse primaire d'assurance maladie, par tout moyen conférant date certaine à sa réception, dans un délai de :

6. Depuis la fusion opérée par les ordonnances de 2017, les missions de l'ancien CHSCT (analyse des risques, enquête après accident du travail) sont exercées par :

7. Un danger grave et imminent (DGI) se caractérise par la réunion de deux critères cumulatifs :

8. Face à une situation de danger grave et imminent, le salarié doit en priorité :

0 / 8 répondues

Modalités d'évaluation du diplôme SSIAP 2
ÉpreuveFormatDurée
ÉcriteQCM de 40 questions portant sur l'ensemble du référentiel SSIAP 240 minutes
OraleAnimation d'une séquence pédagogique par le stagiaire15 minutes/stagiaire
PratiqueGestion du poste central de sécurité en situation de crise20 minutes/stagiaire

Séquence suivante de la 3ème partie :

Commissions de sécurité et d'accessibilité →

Sources et références

  • Référentiel officiel : annexe III de l'arrêté du 2 mai 2005 modifié (référentiel pédagogique SSIAP 2).
  • Code du travail : article L.4131-1 (droit d'alerte et de retrait), article L.4132-1 (limite du droit de retrait), articles L.4121-1 et L.4121-2 (principes généraux de prévention), article R.4121-1 (document unique), article R.4512-6 (plan de prévention).
  • Décret n° 92-332 du 31 mars 1992 (obligations du maître d'ouvrage, article R.4216) et décret n° 92-333 du 31 mars 1992 (obligations de l'employeur utilisateur, article R.4227).
  • INRS : fondamentaux de la prévention (danger, risque) et guide ED 6163, l'arbre des causes.
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