Main courante
La main courante, ou journal de sécurité, est le document sur lequel l'agent de sécurité incendie consigne en temps réel et par ordre chronologique tous les événements de sa vacation. Elle a valeur de preuve en cas de sinistre ou de contentieux.
Définition
La main courante, aussi appelée journal de sécurité ou registre de main courante, est le document sur lequel l'agent de sécurité incendie consigne, en temps réel et par ordre chronologique, l'ensemble des événements survenus pendant sa vacation : prises et fins de service, état du poste et du matériel, rondes et anomalies constatées, déclenchements d'alarme et levées de doute, interventions de premiers secours, essais techniques et travaux, visites de prestataires ou de la commission de sécurité. Chaque mention comporte l'heure exacte au format 24 heures, l'identité de l'agent rédacteur, le lieu précis, la nature de l'événement, les actions menées, les personnes prévenues, et la conclusion ou l'état final.
Cadre réglementaire
- La main courante s'articule avec le registre de sécurité (article R.143-44 du code de la construction et de l'habitation), sans en tenir lieu : le registre est un document statique tenu par l'exploitant, la main courante un document vivant alimenté en continu par les agents en poste.
- Aucune rature blanche : en cas d'erreur, on barre d'un trait, on initialise et on reprend la rédaction, sans jamais effacer ni recouvrir d'un correcteur.
- Aucun blanc n'est laissé entre deux écritures consécutives, un trait est tracé pour éviter tout ajout ultérieur frauduleux.
À retenir en pratique
- Une écriture respecte un canevas rigoureux : heure exacte, identité de l'agent, lieu précis, nature de l'événement, actions menées, personnes prévenues, conclusion.
- L'écriture reste lisible, factuelle et professionnelle, sans commentaire personnel ni jugement de valeur.
- Un fait mineur (par exemple un extincteur bloqué, dégagé pendant une ronde) se règle par une simple mention ; un événement significatif mérite en complément un rapport circonstancié, structuré selon la méthode SOCA (Situation, Observation, Causes/conséquences, Action).
- La main courante papier reste valable ; une version numérique horodatée se généralise sur les sites multi-postes ou multi-bâtiments.
- En cas de sinistre, d'accident ou de contentieux, elle a valeur de preuve : elle peut être saisie par les services de police et transmise comme pièce à conviction.
- À l'examen pratique SSIAP 1, une main courante mal tenue peut faire perdre des points même si l'intervention elle-même a été correctement menée.
- Un écrit tardif ne vaut pas un écrit contemporain. Devant un juge, un témoignage transmis par simple courriel, non signé et sans copie d'une pièce d'identité, peut être écarté comme dépourvu de valeur probatoire. Ce qui pèse, c'est la mention datée portée le jour même et vérifiable par un tiers.
Confusion fréquente
- Ne pas confondre la main courante avec le registre de sécurité : le registre, prévu par l'article R.143-44 du code de la construction et de l'habitation, est tenu par l'exploitant et présenté à la commission de sécurité ; la main courante est alimentée en continu par les agents en poste.
- La mention n'est pas un rapport circonstancié : la mention est un compte rendu succinct écrit directement sur la main courante, le rapport est un document séparé et détaillé, mobilisé pour les faits les plus significatifs.
Aller plus loin
Pour approfondir : Cours SSIAP 1 : consignes de sécurité et main courante.
Voir aussi
Questions fréquentes
Peut-on utiliser du correcteur blanc en cas d'erreur sur la main courante ?
Non. La règle est de barrer l'erreur d'un trait, d'apposer ses initiales, puis de reprendre la rédaction. On n'efface jamais et on ne recouvre jamais une écriture d'un correcteur, la main courante doit rester intégralement lisible.
Quelle différence entre une mention et un rapport circonstancié ?
La mention est un compte rendu succinct, écrit directement sur la main courante en quelques lignes. Le rapport circonstancié est un document séparé, plus détaillé, rédigé pour les faits significatifs selon la méthode SOCA (Situation, Observation, Causes/conséquences, Action).
La main courante peut-elle servir de preuve en cas d'enquête ?
Oui. En cas de sinistre, d'accident ou de contentieux, elle peut être saisie par les services de police et transmise comme pièce à conviction pour reconstituer la chronologie des faits. C'est pourquoi sa rigueur d'écriture est un enjeu de traçabilité et de responsabilité, pas une simple formalité.
Une attestation rédigée après coup a-t-elle la même valeur qu'une mention du jour même ?
Non. Dans un contentieux sur la sécurité au travail, le juge écarte un témoignage non signé et sans pièce d'identité, ou dont le contenu est contredit par les autres pièces du dossier. Ce qu'il retient, ce sont les écrits datés, tenus au fil de l'eau et vérifiables par un tiers : main courante, registre de sécurité, rapports de vérification. Une mention de trois lignes portée à l'heure exacte pèse plus qu'un récit détaillé rédigé des mois plus tard.