Cours SSIAP 1 · Partie 4, Séquence 4

Rondes de sécurité
et surveillance des travaux

Après avoir étudié le poste de sécurité, cette séquence s'attache à l'activité qui conduit l'agent SSIAP à le quitter physiquement pour contrôler l'établissement : la ronde. Elle couvre aussi un point réglementaire fréquemment mal maîtrisé, la surveillance des travaux par points chauds encadrés par le permis de feu, où les rondes deviennent un outil de prévention à part entière.

  • Séquence04 / P4
  • Durée référentiel4 h 00
  • DiplômeSSIAP 1
  • Fiches09
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Fiche 01 · Article MS 46

La ronde de sécurité : définition

La ronde de sécurité est le déplacement organisé d'un agent SSIAP à travers tout ou partie de l'établissement, destiné à prévenir et détecter les risques d'incendie et de panique, y compris dans les locaux non occupés par le public. Cette mission trouve son fondement dans l'article MS 46, qui liste parmi les missions du service de sécurité incendie celle "d'organiser des rondes pour prévenir et détecter les risques d'incendie, y compris dans les locaux non occupés".

À retenir : la ronde n'est pas une simple promenade de surveillance générale, c'est une mission réglementaire explicite du service de sécurité incendie, au même titre que la tenue de la main courante ou l'entretien du matériel.

01

Détecter

Tout début d'incendie, dégagement de fumée ou anomalie technique (issue obstruée, dispositif hors service, encombrement).

02

Vérifier

Le maintien de la vacuité des cheminements d'évacuation jusqu'à la voie publique.

03

Contrôler

L'état des installations visibles lors du parcours : extincteurs, éclairage de sécurité, portes coupe-feu, colonnes sèches.

04

Surveiller

Les locaux non occupés par le public (réserves, locaux techniques, sous-sols), souvent les plus exposés.

Fiche 02 · Consignes particulières

La fréquence des rondes

Le texte de MS 46 impose l'obligation d'organiser des rondes, mais ne fixe pas de fréquence horaire universelle applicable à tous les ERP : celle-ci relève des consignes particulières de l'établissement, élaborées par l'exploitant selon la catégorie, l'activité et l'analyse des risques (occupation nocturne, matières combustibles, historique d'incidents), validées dans le dossier de sécurité.

Exception IGH · classe GHUEn immeuble de classe GHU (usage sanitaire), le service central de sécurité doit assurer des rondes dans tous les locaux non surveillés en permanence avec un minimum de quatre rondes par vingt-quatre heures. Cette disposition chiffrée reste propre à certaines classes d'IGH et ne doit pas être généralisée aux ERP.
Fiche 03 · Avant / pendant / après

Modalités de réalisation d'une ronde

Avant

Préparation

Consignes particulières et main courante, équipement (radio, éclairage portatif, clés), information du poste de sécurité sur le départ et l'itinéraire.

Pendant

Parcours

Itinéraire couvrant les zones à risque, joignabilité permanente par radio, consignation mentale ou écrite de toute anomalie.

Après

Compte rendu

Rendre compte au poste, renseigner la main courante (heure, agent, itinéraire, anomalies), signaler à l'exploitant si nécessaire.

Technique de la rondeDans les zones sensibles, adopter une démarche discrète (chaussures à semelle silencieuse, éviter les bruits inutiles) permet de mieux percevoir une anomalie sonore (grésillement électrique, odeur, chaleur anormale). L'inspection ne se limite pas au sol ou aux portes : les plafonds, faux-plafonds et gaines techniques méritent une attention particulière, car c'est là que passent les câbles électriques et les conduits de ventilation, sources fréquentes de départs de feu. Varier les itinéraires et les horaires de ronde, dans la limite des consignes particulières de l'établissement, permet de couvrir plus régulièrement l'ensemble des zones à risque.
Sans trace, pas de preuveUne ronde sans compte rendu écrit à la main courante perd une grande partie de sa valeur, en cas de sinistre ultérieur, c'est cette trace qui permet de démontrer que la surveillance a été effectivement assurée.
Fiche 04 · Radio / DECT

Les moyens de communication mobiles

L'exercice de la ronde suppose que l'agent dispose d'un moyen de liaison permanent avec le poste de sécurité (émetteur-récepteur radio ou téléphone DECT). Ce moyen permet de donner l'alerte immédiatement en cas de découverte, de rester en contact avec le chef d'équipe pour recevoir des instructions, et au poste de suivre la progression de la ronde pour intervenir sans délai si l'agent ne répond plus.

En IGH, cette exigence est renforcée par la dotation minimale en émetteurs-récepteurs radio fixée à l'article GH 56 (quatre appareils au moins pour l'ensemble de l'immeuble, voir séquence "Poste de sécurité"), qui doivent notamment permettre d'assurer la liaison avec les agents en ronde comme avec les services de secours.

Disposer d'une radio ne suffit pas : encore faut-il savoir s'en servir efficacement. Une communication mal maîtrisée fait perdre un temps précieux, précisément au moment où la rapidité compte le plus.

  1. Vérifier que le canal est libre avant de transmettre, pour ne pas couper une communication en cours ;
  2. Annoncer son indicatif ou son nom, puis attendre la reconnaissance du poste de sécurité avant de délivrer le message ;
  3. Être bref et clair, en répondant à quatre questions : qui parle, où, quoi, depuis quand ;
  4. Épeler avec l'alphabet phonétique tout mot ou identifiant pouvant prêter à confusion (nom propre, code, numéro de local) ;
  5. Terminer chaque transmission par "à vous" pour signaler que l'écoute repasse à l'autre poste.

Sur une liaison radio de mauvaise qualité, deux lettres peuvent facilement se confondre ("B" et "D", "M" et "N"...). L'alphabet phonétique international (norme OTAN/ICAO) associe à chaque lettre un mot bien reconnaissable, pour épeler sans ambiguïté possible.

LettreCodeLettreCode
AAlphaNNovember
BBravoOOscar
CCharliePPapa
DDeltaQQuebec
EEchoRRomeo
FFoxtrotSSierra
GGolfTTango
HHotelUUniform
IIndiaVVictor
JJuliettWWhiskey
KKiloXX-ray
LLimaYYankee
MMikeZZulu
ExemplePlutôt que de risquer une confusion en annonçant "l'extincteur du local E12", l'agent épelle : "Extincteur local E comme Echo, 12", la localisation ne laisse alors aucun doute au poste de sécurité.

Ce lien avec le poste n'est pas un simple confort d'organisation. Pendant une ronde de nuit, sur un site sans autre présence humaine, l'agent est un travailleur isolé : hors de vue et hors de portée de voix de quiconque pourrait lui porter secours. Un malaise, une chute dans un escalier de service ou une agression ne seront connus que si un dispositif les signale.

Deux sigles se confondent en permanence sur le terrain. La PTI, protection du travailleur isolé, est la démarche d'ensemble : évaluer le risque, désigner qui reçoit l'alarme, fixer un délai d'intervention et organiser la levée de doute. Le DATI, dispositif d'alarme pour travailleur isolé, n'est que le matériel qui déclenche cette chaîne, boîtier, montre ou application. Dire "un PTI" en montrant le boîtier est l'abus de langage le plus répandu du métier : le boîtier, c'est le DATI.

Le DATI part de trois façons : automatiquement (perte de verticalité, immobilité prolongée, arrachement ou choc), volontairement par le bouton d'alarme, ou par expiration d'un délai lorsque l'agent n'acquitte pas l'appareil au moment prévu. Les réflexes de vacation qui vont avec :

  1. Tester l'appareil en prise de poste : charge, appairage, et un essai réel d'émission-réception avec celui qui reçoit l'alarme ;
  2. Connaître les délais réglés sur son propre appareil, car un seuil d'immobilité trop court génère des alarmes intempestives que plus personne ne finit par traiter ;
  3. Savoir qui reçoit l'alarme (poste de sécurité, télésurveilleur, cadre d'astreinte), sous quel délai quelqu'un intervient, et qui procède à la levée de doute ;
  4. Signaler les zones blanches du site, sous-sol, parking, local technique, cage d'ascenseur : sans réseau, le DATI ne transmet rien ;
  5. Ne jamais neutraliser un dispositif qui sonne à tort, mais faire corriger son réglage.
Un émetteur n'est pas une protectionLe DATI ne fait qu'envoyer l'alarme. Si personne n'est désigné pour la recevoir, ou si aucun délai d'intervention n'est écrit, l'agent porte un appareil qui produira une trace, pas un secours. Ce point se vérifie à la prise de vacation, au même titre que le test des moyens de communication.

Il reste 5 fiches dans cette séquence

Voici ce qu'elles couvrent.

  1. Fiche 05 · Article GN 13

    La surveillance des travaux en présence du public

  2. Fiche 06 · Article GH 3

    Le permis de feu

  3. Fiche 07 · Travaux par points chauds

    Le rôle de l'agent avant, pendant, après

  4. Fiche 08 · Bonne pratique APSAD R6

    Les rondes de surveillance après permis de feu

  5. Fiche 09 · Articles GH 62 / GH 65

    Cas particulier des IGH

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1. La ronde de sécurité doit notamment couvrir :

2. La fréquence des rondes dans un ERP standard est fixée par :

3. En IGH de classe GHU, le minimum réglementaire de rondes est de :

4. Une ronde effectuée mais non renseignée à la main courante :

5. L'article GN 13 dispose que l'exploitant :

6. Le permis de feu encadre les travaux dits :

7. En IGH, le permis de feu est signé au minimum par :

8. La validité maximale d'un permis de feu, au-delà de laquelle il doit être renouvelé, est de :

9. Après la fin de travaux par points chauds, une surveillance renforcée doit être maintenue au minimum :

10. En IGH, l'article qui encadre les précautions à prendre durant les travaux (équivalent de GN 13) est :

11. En IGH, la surveillance des travaux visés par GH 65 et, le cas échéant, la délivrance des permis de feu relèvent de :

12. En IGH, une autorisation de travaux doit être sollicitée un mois avant si, notamment, les travaux nécessitent l'introduction de combustibles liquides ou gazeux excédant :

13. Le moyen de communication mobile utilisé pendant une ronde permet notamment :

14. L'alphabet phonétique international sert principalement à :

15. Dans l'alphabet phonétique international, la lettre F se dit :

16. Avant de délivrer un message à la radio, une bonne discipline de communication impose de :

17. Le boîtier porté par l'agent seul en ronde, qui déclenche une alarme en cas de perte de verticalité, s'appelle :

18. Un agent est équipé d'un dispositif d'alarme en parfait état de marche. Qu'est-ce qui, malgré tout, le laisse sans protection réelle ?

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