Résistance vs réaction : la confusion à éviter
Ce sont les deux notions les plus souvent confondues du référentiel, alors qu'elles répondent à deux questions différentes :
Ces deux arrêtés, à deux mois d'écart, restent un repère mnémotechnique utile pour l'examen : la résistance (21 avril) précède la réaction (30 juin) dans le calendrier réglementaire de 1983. Les deux textes d'origine sont abrogés et remplacés depuis : la réaction au feu est fixée aujourd'hui par l'arrêté du 21 novembre 2002 (toujours en vigueur), la résistance au feu par l'arrêté du 22 mars 2004 - lui-même remplacé par l'arrêté du 22 mars 2026, applicable aux demandes d'autorisation de travaux et d'urbanisme déposées à compter du 1er octobre 2026 (le 22 mars 2004 reste la référence pour les dossiers déposés avant cette date).

Gros œuvre, second œuvre, matériaux, éléments
Un bâtiment se divise en deux grandes familles d'ouvrages. Le gros œuvre regroupe la structure porteuse : fondations, murs porteurs, planchers, charpente (tout ce qui assure la stabilité de l'édifice). Le second œuvre couvre tout le reste : cloisons non porteuses, portes, revêtements, faux plafonds, peinture, électricité, plomberie (l'aménagement et la finition). Cette distinction en recoupe une autre, tout aussi utile : un matériau de construction est un composant élémentaire testé isolément (une brique, une plaque de plâtre, un revêtement de sol ou de mur), alors qu'un élément de construction est un ouvrage complet testé comme un tout (un mur, une poutre, un plancher, un bloc-porte). Cette nuance compte : le comportement au feu d'un ouvrage assemblé peut différer de celui de ses matériaux pris séparément.
Le lien avec ce que vous venez de voir plus haut : la résistance au feu (SF, PF, CF, REI) se mesure sur des éléments de construction (murs, poutres, planchers, portes), qu'ils relèvent du gros œuvre (murs porteurs, planchers) ou du second œuvre (cloisons, blocs-portes). La réaction au feu (M0 à M4), elle, se mesure sur des matériaux (revêtements, décoration) presque toujours rattachés au second œuvre. C'est cette logique qui explique pourquoi la première question du mini-QCM de cette page précise déjà que la résistance au feu concerne les éléments de construction (murs, portes, planchers).
Pouvoir calorifique et charge calorifique
Le pouvoir calorifique est une donnée propre à chaque matériau : c'est la quantité de chaleur libérée par la combustion complète d'1 kg de matière solide ou liquide (ou d'1 m³ de gaz), exprimée en MJ/kg. Le bois se situe autour de 17 MJ/kg, la plupart des plastiques entre 28 et 35 MJ/kg : à masse égale, un local rempli de plastique libère donc beaucoup plus d'énergie qu'un local rempli de bois en cas d'incendie. Cette valeur ne dépend ni du local ni de la quantité présente ; c'est une caractéristique physico-chimique fixe du matériau lui-même.
Le potentiel calorifique, aussi appelé charge calorifique, change d'échelle : c'est la somme des pouvoirs calorifiques de tous les matériaux combustibles d'un local (structure, mobilier, stocks), rapportée à sa surface au sol, exprimée en MJ/m². Cette grandeur estime l'énergie totale que libérerait le local si l'incendie s'y généralisait, et c'est elle que l'ingénierie du feu (évoquée ci-dessus) utilise pour ajuster la durée REI exigée à la réalité du risque plutôt que d'appliquer un forfait générique : plus la charge calorifique d'un local est élevée, plus l'incendie, une fois développé, dure longtemps et dégage de chaleur, donc plus les parois et structures qui l'entourent doivent résister longtemps sans s'effondrer (R) ni transmettre chaleur ou fumées (EI).
Pour les seuils de risque indicatifs (faible/moyen/élevé) et le débit calorifique, voir la fiche dédiée de la Séquence 1 "Le feu".
Il reste 2 fiches dans cette séquence
Voici ce qu'elles couvrent.
- Fiche 04 · Réaction au feu
La réaction au feu des matériaux
- Fiche 05 · Enjeux terrain
Pourquoi ça compte vraiment
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Créer mon compte gratuit →1. La résistance au feu concerne surtout :
2. Vous inspectez une porte de couloir marquée "CF 1h" (coupe-feu 1 heure). Cette porte n'étant pas un élément porteur, quels critères de résistance au feu doit-elle réellement respecter ?
3. Un matériau classé M0 est :
4. En général, les exigences de réaction au feu sont :
5. Vous contrôlez les revêtements d'un couloir dans un ERP de type courant, sans dérogation particulière. D'après le code à 3 chiffres du référentiel, quelles classes M doivent respecter le sol, les parois et le plafond ?
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