Cours SSIAP 1 · Partie 1, Séquence 2

Comportement
au feu

Deux notions à ne jamais confondre : la résistance au feu (la structure tient-elle debout ?) et la réaction au feu (le matériau alimente-t-il l'incendie ?). L'une concerne le gros œuvre, l'autre les revêtements et aménagements.

  • Séquence02 / P1
  • Durée référentiel2 h
  • DiplômeSSIAP 1
  • Fiches05
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Fiche 01 · Distinction

Résistance vs réaction : la confusion à éviter

Vous est-il déjà arrivé, en ronde, de repousser du pied une cale coincée sous une porte coupe-feu, ou de remarquer un stand en bois brut installé contre une cloison coupe-feu ? C'est exactement ce que ce chapitre explique.
Pourquoi c'est importantC'est un piège classique à l'examen, mais surtout un vrai enjeu terrain : confondre les deux vous ferait mal évaluer un risque réel (un mur "coupe-feu" qui tient très bien, mais recouvert d'un revêtement qui, lui, propage l'incendie à toute vitesse).

Ce sont les deux notions les plus souvent confondues du référentiel, alors qu'elles répondent à deux questions différentes :

Résistance au feuPendant combien de temps un élément de construction (mur, porte, plancher) continue-t-il à jouer son rôle face au feu ? Notion introduite par l'arrêté du 21 avril 1983, abrogé depuis (voir plus bas le texte en vigueur).
Réaction au feuDans quelle mesure un matériau (revêtement, décoration, mobilier) participe-t-il à l'alimentation et à la propagation de l'incendie ? Notion introduite par l'arrêté du 30 juin 1983, abrogé depuis (voir plus bas le texte en vigueur).

Ces deux arrêtés, à deux mois d'écart, restent un repère mnémotechnique utile pour l'examen : la résistance (21 avril) précède la réaction (30 juin) dans le calendrier réglementaire de 1983. Les deux textes d'origine sont abrogés et remplacés depuis : la réaction au feu est fixée aujourd'hui par l'arrêté du 21 novembre 2002 (toujours en vigueur), la résistance au feu par l'arrêté du 22 mars 2004 - lui-même remplacé par l'arrêté du 22 mars 2026, applicable aux demandes d'autorisation de travaux et d'urbanisme déposées à compter du 1er octobre 2026 (le 22 mars 2004 reste la référence pour les dossiers déposés avant cette date).

Réaction et résistance au feu · Ineris

Comparatif réaction au feu (comportement des matériaux : Euroclasses A1 à F, ancien M0 à M4) et résistance au feu (critères R stabilité, E étanchéité, I isolation ; anciennement SF, PF, CF)
Réaction et résistance au feu : à ne pas confondre
Fiche 02 · Vocabulaire du bâti

Gros œuvre, second œuvre, matériaux, éléments

Un bâtiment se divise en deux grandes familles d'ouvrages. Le gros œuvre regroupe la structure porteuse : fondations, murs porteurs, planchers, charpente (tout ce qui assure la stabilité de l'édifice). Le second œuvre couvre tout le reste : cloisons non porteuses, portes, revêtements, faux plafonds, peinture, électricité, plomberie (l'aménagement et la finition). Cette distinction en recoupe une autre, tout aussi utile : un matériau de construction est un composant élémentaire testé isolément (une brique, une plaque de plâtre, un revêtement de sol ou de mur), alors qu'un élément de construction est un ouvrage complet testé comme un tout (un mur, une poutre, un plancher, un bloc-porte). Cette nuance compte : le comportement au feu d'un ouvrage assemblé peut différer de celui de ses matériaux pris séparément.

Le lien avec ce que vous venez de voir plus haut : la résistance au feu (SF, PF, CF, REI) se mesure sur des éléments de construction (murs, poutres, planchers, portes), qu'ils relèvent du gros œuvre (murs porteurs, planchers) ou du second œuvre (cloisons, blocs-portes). La réaction au feu (M0 à M4), elle, se mesure sur des matériaux (revêtements, décoration) presque toujours rattachés au second œuvre. C'est cette logique qui explique pourquoi la première question du mini-QCM de cette page précise déjà que la résistance au feu concerne les éléments de construction (murs, portes, planchers).

Pourquoi c'est importantUne commission de sécurité applique ce même découpage lors de ses contrôles : le gros œuvre est rarement modifié après réception de l'établissement, alors que le second œuvre (cloisons, portes, faux plafonds, revêtements, décorations) est régulièrement transformé par l'exploitant. C'est pourquoi vos rondes portent en priorité sur ces aménagements : une porte coupe-feu calée en position ouverte ou une cloison de recoupement percée compromettent la résistance au feu (compartimentage) prévue à l'origine, tout comme un revêtement ou une décoration non conforme peut dégrader la réaction au feu du local.
Module interactif 01 · Banc d'essai

La résistance au feu : SF, PF, CF

Cliquez un critère pour voir à quelles exigences européennes (R, E, I) il correspond, pour un élément porteur (mur, poteau, plancher).

R
Capacité portante (résistance mécanique)
E
Étanchéité aux flammes et aux gaz
I
Isolation thermique

Attention à un piège classique : une porte ou une cloison non porteuse (cloison de distribution) ne supporte aucune charge : la capacité portante (R) n'a pas de sens pour elle. Une porte ou cloison "coupe-feu" est donc classée EI, jamais REI ; "pare-flammes" y est classée E seule. Le R du schéma ci-dessus ne concerne que les éléments porteurs.

Ces durées sont désormais exprimées en minutes (ex. CF 60 = coupe-feu 60 minutes). Un arrêté de 2004 a transposé cette classification européenne en droit français ; il a aussi introduit l'ingénierie du feu, qui permet de calculer la résistance d'un ouvrage à partir de scénarios d'incendie propres au bâtiment plutôt que d'appliquer un forfait générique. Ce texte de 2004 est à son tour remplacé par l'arrêté du 22 mars 2026, applicable aux dossiers déposés à compter du 1er octobre 2026.

Fiche 03 · Degrés REI

Pouvoir calorifique et charge calorifique

Le pouvoir calorifique est une donnée propre à chaque matériau : c'est la quantité de chaleur libérée par la combustion complète d'1 kg de matière solide ou liquide (ou d'1 m³ de gaz), exprimée en MJ/kg. Le bois se situe autour de 17 MJ/kg, la plupart des plastiques entre 28 et 35 MJ/kg : à masse égale, un local rempli de plastique libère donc beaucoup plus d'énergie qu'un local rempli de bois en cas d'incendie. Cette valeur ne dépend ni du local ni de la quantité présente ; c'est une caractéristique physico-chimique fixe du matériau lui-même.

Le potentiel calorifique, aussi appelé charge calorifique, change d'échelle : c'est la somme des pouvoirs calorifiques de tous les matériaux combustibles d'un local (structure, mobilier, stocks), rapportée à sa surface au sol, exprimée en MJ/m². Cette grandeur estime l'énergie totale que libérerait le local si l'incendie s'y généralisait, et c'est elle que l'ingénierie du feu (évoquée ci-dessus) utilise pour ajuster la durée REI exigée à la réalité du risque plutôt que d'appliquer un forfait générique : plus la charge calorifique d'un local est élevée, plus l'incendie, une fois développé, dure longtemps et dégage de chaleur, donc plus les parois et structures qui l'entourent doivent résister longtemps sans s'effondrer (R) ni transmettre chaleur ou fumées (EI).

Pourquoi c'est importantLe registre de sécurité mentionne souvent la nature et le volume des matières stockées dans certains locaux à risques ; comprendre le lien entre charge calorifique et degré REI permet à l'agent SSIAP de saisir pourquoi un local de stockage est isolé par une porte coupe-feu d'un degré supérieur à celle d'un simple bureau, et pourquoi il ne faut jamais y entreposer des matières supplémentaires sans en avertir le chef d'équipe ou l'exploitant.

Pour les seuils de risque indicatifs (faible/moyen/élevé) et le débit calorifique, voir la fiche dédiée de la Séquence 1 "Le feu".

Il reste 2 fiches dans cette séquence

Voici ce qu'elles couvrent.

  1. Fiche 04 · Réaction au feu

    La réaction au feu des matériaux

  2. Fiche 05 · Enjeux terrain

    Pourquoi ça compte vraiment

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1. La résistance au feu concerne surtout :

2. Vous inspectez une porte de couloir marquée "CF 1h" (coupe-feu 1 heure). Cette porte n'étant pas un élément porteur, quels critères de résistance au feu doit-elle réellement respecter ?

3. Un matériau classé M0 est :

4. En général, les exigences de réaction au feu sont :

5. Vous contrôlez les revêtements d'un couloir dans un ERP de type courant, sans dérogation particulière. D'après le code à 3 chiffres du référentiel, quelles classes M doivent respecter le sol, les parois et le plafond ?

0 / 5 répondues

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