Criticité
La criticité résulte du croisement entre la gravité des conséquences et la fréquence de survenue d'un risque ; elle sert à hiérarchiser les priorités du plan d'action.
Définition
La criticité est le résultat du croisement entre deux critères d'évaluation d'un risque professionnel : la gravité des conséquences potentielles et la fréquence, ou probabilité, de survenue, à laquelle s'ajoute souvent la durée d'exposition. Ce croisement donne un niveau qui sert de rang de priorité et permet de comparer des situations hétérogènes au sein du document unique d'évaluation des risques professionnels. Aucune échelle de cotation n'est imposée par la loi : chaque établissement définit sa grille et l'applique de façon homogène à toutes ses unités de travail.
Cadre réglementaire
- Article R. 4121-1 du Code du travail : impose que l'évaluation des risques consignée dans le document unique permette de les hiérarchiser, sans fixer de méthode de cotation particulière.
- Article L. 4121-2 du Code du travail : la criticité obtenue guide la construction du plan d'action selon l'ordre des neuf principes généraux de prévention.
À retenir en pratique
- La criticité résulte d'un croisement, pas d'une addition : un risque de gravité très élevée mais de fréquence exceptionnelle peut appeler une action aussi prioritaire qu'un risque modéré mais permanent.
- Exemple de grille à quatre niveaux, gravité et fréquence d'exposition :
| Niveau | Gravité | Fréquence d'exposition |
|---|---|---|
| 1 | Bénigne : soins internes, sans arrêt. | Très rare : exposition exceptionnelle. |
| 2 | Sérieuse : accident avec arrêt. | Occasionnelle : quelques fois par an. |
| 3 | Grave : incapacité permanente. | Fréquente : plusieurs fois par mois. |
| 4 | Très grave : atteinte irréversible ou mortelle. | Permanente : exposition quotidienne. |
- La cotation reste une aide à la décision : le chef de service documente les critères retenus et associe les personnes exposées, une note argumentée valant mieux qu'un chiffre isolé.
- La criticité n'est pas figée : elle est réévaluée après chaque action, puisque réduire l'exposition fait baisser le niveau et rebat l'ordre des priorités du PAPRIPACT.
- Exemple : dans un ERP, un risque d'encombrement d'un dégagement par du stockage temporaire peut être coté gravité 4 (entrave à l'évacuation) et fréquence 3 (récurrence en période de forte livraison) ; sa criticité élevée justifie une action immédiate.
Confusion fréquente
- La criticité n'est pas une mesure scientifique universelle : deux évaluateurs peuvent coter différemment une même situation, d'où l'intérêt d'une grille homogène et documentée pour tout l'établissement.
- Ne pas confondre la criticité, outil de hiérarchisation interne au document unique, avec l'avis de la commission de sécurité, qui porte sur la conformité réglementaire de l'établissement recevant du public.
Aller plus loin
Pour approfondir : Cours SSIAP 3 : l'analyse des risques.
Voir aussi
- DUERP (document unique d'évaluation des risques)
- Les 9 principes généraux de prévention
- PAPRIPACT
- Unité de travail
- Arbre des causes
Questions fréquentes
La criticité est-elle imposée par un texte réglementaire précis ?
Non, la loi impose seulement la hiérarchisation des risques dans le document unique ; la méthode de cotation, dont la criticité, est définie librement par chaque établissement.
Comment se calcule la criticité ?
Elle résulte du croisement de deux critères, la gravité des conséquences et la fréquence d'exposition, chacun noté sur une échelle définie par l'établissement.
Pourquoi réévaluer la criticité après une action de prévention ?
Parce qu'une mesure efficace réduit l'exposition au risque, ce qui fait baisser sa criticité et modifie l'ordre des priorités dans le programme d'actions.