Auto-combustion
L'auto-combustion (ou combustion spontanée) est l'inflammation d'un matériau sans aucune source d'ignition extérieure : ni flamme, ni étincelle, ni point chaud, ni cigarette. La chaleur qui met le feu est produite par le matériau lui-même.
Définition
L'auto-combustion (ou combustion spontanée) est l'inflammation d'un matériau sans aucune source d'ignition extérieure : ni flamme, ni étincelle, ni point chaud, ni cigarette. La chaleur qui met le feu est produite par le matériau lui-même. Certains produits, au contact de l'air, subissent une réaction d'oxydation exothermique : ils chauffent en s'oxydant. Tant que cette chaleur se dissipe, rien ne se passe. Mais lorsqu'elle s'accumule plus vite qu'elle ne s'évacue, la température monte jusqu'au point d'auto-inflammation du matériau, qui prend feu tout seul. Le cas d'école est celui des chiffons imbibés d'huile siccative laissés en tas : chaque chiffon oxyde une grande surface d'huile, et le tas fait écran et emprisonne la chaleur. Le phénomène est souvent différé de plusieurs heures : les chiffons sont abandonnés en fin de journée, le feu se déclare la nuit, alors que les locaux sont vides.
Cadre réglementaire
- Aucun texte ne vise l'auto-combustion en tant que telle : elle relève de l'obligation générale de prévention de l'employeur (article L.4121-1 et suivants du Code du travail), qui impose d'évaluer le risque incendie et de mettre en place des mesures adaptées, dont la gestion et l'évacuation régulière des déchets susceptibles de s'enflammer seuls.
- Les fiches de données de sécurité (FDS) des produits concernés (huiles siccatives, saturateurs et lasures pour bois, huile de lin) mentionnent le risque d'auto-échauffement des chiffons imprégnés et prescrivent leur stockage à l'écart, en récipient fermé ou étalés pour sécher.
- L'auto-combustion est une cause d'incendie reconnue par les assureurs et les préventionnistes (documentation INRS sur le risque incendie et le stockage des produits combustibles). En investigation après sinistre, elle est régulièrement retenue quand aucune source d'ignition classique n'est identifiée.
À retenir en pratique
- Les produits à surveiller sont ceux qui contiennent des huiles siccatives : huile de lin, saturateurs et lasures pour bois, certaines peintures et vernis. Ce sont eux qui oxydent en dégageant de la chaleur.
- La règle de prévention est simple : les chiffons et déchets imbibés ne se jettent jamais en tas ni en boule. On les place dans un récipient métallique à couvercle réservé à cet usage, ou on les étale à plat, isolés, pour qu'ils sèchent sans accumuler de chaleur.
- Les déchets gras doivent être évacués régulièrement et stockés loin de toute source de chaleur, à l'écart des matériaux combustibles.
- Sur un chantier ou en établissement, la ronde de fin de poste est le bon moment pour repérer un tas de chiffons oublié : c'est une vérification qui coûte quelques secondes et évite un départ de feu la nuit.
- Attention à ne pas se rassurer à tort : un chiffon imbibé seulement de white-spirit s'évapore et présente moins ce risque. C'est bien l'oxydation des huiles siccatives, et non le solvant, qui produit la chaleur.
Confusion fréquente
Il ne faut pas confondre l'auto-combustion et l'auto-inflammation. L'auto-inflammation désigne la température à laquelle un corps s'enflamme seul, sans flamme ni étincelle : c'est une propriété du matériau, un point mesurable. L'auto-combustion, elle, est l'événement complet : un matériau qui s'échauffe par ses propres réactions jusqu'à atteindre ce point et prendre feu. Autre confusion : l'auto-combustion des chiffons gras n'est pas un emballement thermique de batterie lithium-ion. Le résultat se ressemble (un feu qui naît sans cause extérieure), mais le mécanisme diffère : oxydation d'huiles siccatives d'un côté, réaction en chaîne interne d'une cellule dégradée de l'autre. Enfin, l'idée que "pour qu'il y ait feu, il faut forcément une source d'ignition" est fausse ici : l'énergie d'activation est produite en interne par la réaction chimique elle-même.
Voir aussi
- Classes de feu - les classes de feux et l'adéquation des agents extincteurs
- Emballement thermique - autre inflammation sans source extérieure, propre aux batteries lithium-ion
- Permis de feu - autorisation préalable aux travaux par points chauds
- Travaux par points chauds - soudage, meulage et sources d'ignition sur chantier
- Triangle du feu - combustible, comburant et énergie d'activation