Glossaire sécurité incendie

Second œuvre

Cloisons, revêtements et aménagements non porteurs
concept SSIAP 1

Le second œuvre regroupe les cloisons non porteuses, portes, revêtements et aménagements d'un bâtiment, sans fonction porteuse. Il porte surtout la réaction au feu des matériaux et se distingue du gros œuvre, qui porte la structure.

Définition

Le second œuvre regroupe tout ce qui n'assure pas la fonction porteuse d'un bâtiment : cloisons de distribution, portes, revêtements de sols et de murs, faux plafonds, menuiseries, ainsi que les réseaux (électricité, plomberie). Il organise l'aménagement intérieur et la finition, et se distingue du gros œuvre, qui porte la structure.

Cadre réglementaire

  • La réaction au feu des produits de construction et d'aménagement, qui concerne principalement le second œuvre, est fixée par l'arrêté du 21 novembre 2002, qui s'appuie sur la norme NF EN 13501-1 pour les produits de construction et sur la série de normes NF P 92-5XX pour les matériaux d'aménagement.
  • Certains éléments du second œuvre (cloisons de recoupement, blocs-portes) portent aussi une exigence de résistance au feu, mais uniquement selon le critère EI (étanchéité et isolation), jamais REI : une porte ou une cloison non porteuse ne supporte aucune charge, le R ne s'applique donc qu'aux éléments porteurs du gros œuvre.
  • Les blocs-portes de cloisonnement traditionnel doivent être E 30 (ou E 15 seulement si aucune exigence de stabilité n'est imposée à la structure).

À retenir en pratique

  • Le second œuvre est régulièrement transformé par l'exploitant : c'est pourquoi les rondes portent en priorité sur ces aménagements.
  • Une porte coupe-feu calée en position ouverte ou une cloison de recoupement percée compromettent la résistance au feu prévue à l'origine, même si le gros œuvre reste intact.
  • Un revêtement ou une décoration non conforme peut dégrader la réaction au feu d'un local, indépendamment de la solidité de sa structure porteuse.
  • Les matériaux de synthèse et plastiques, fréquents dans le second œuvre (isolants, revêtements, membranes), présentent un risque de forte production de fumées et de gouttelettes enflammées.

Confusion fréquente

  • Le second œuvre porte presque toujours la réaction au feu : c'est la contribution d'un matériau au développement de l'incendie (classement M0 à M4 ou Euroclasses). Il peut aussi porter une exigence de résistance au feu, mais limitée au critère EI, jamais REI. Voir les fiches Réaction au feu et Résistance au feu.

Aller plus loin

Pour approfondir : Cours SSIAP 1 : comportement au feu.

Voir aussi

Questions fréquentes

Le second œuvre concerne-t-il la réaction au feu ou la résistance au feu ?

Principalement la réaction au feu, puisqu'il regroupe les matériaux de revêtement et de décoration. Certains éléments du second œuvre, comme les blocs-portes, portent aussi une résistance au feu limitée au critère EI.

Pourquoi une porte de cloisonnement ne peut-elle jamais être classée REI ?

Parce qu'elle n'est pas un élément porteur : le critère R (capacité portante) ne s'applique qu'aux éléments du gros œuvre qui soutiennent une charge. Une porte coupe-feu est donc classée EI.

Pourquoi les rondes SSIAP portent-elles surtout sur le second œuvre ?

Parce qu'il est régulièrement transformé par l'exploitant, contrairement au gros œuvre qui reste stable après réception : une cale sous une porte coupe-feu ou une décoration non conforme y sont des désordres fréquents.

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