Gros œuvre
Le gros œuvre regroupe la structure porteuse d'un bâtiment : fondations, murs porteurs, planchers, charpente. Il porte la résistance au feu de l'ouvrage et se distingue du second œuvre, qui couvre l'aménagement et la finition.
Définition
Le gros œuvre regroupe la structure porteuse d'un bâtiment : fondations, murs porteurs, poteaux, poutres, planchers, charpente, façades et couverture. Il assure la stabilité générale de l'ouvrage et se distingue du second œuvre, qui couvre l'aménagement intérieur et la finition sans fonction porteuse.
Cadre réglementaire
- La résistance au feu des structures porteuses est fixée par l'arrêté du 22 mars 2004, modifié par l'arrêté du 14 mars 2011. La définition légale de la classification en résistance au feu figure à l'article R.121-4 du Code de la construction et de l'habitation.
- Les éléments porteurs du gros œuvre (murs porteurs, poteaux, planchers) sont classés en résistance au feu selon le critère complet REI (résistance mécanique, étanchéité, isolation thermique), exprimé en minutes dans le système européen (par exemple REI 60).
- En ERP, le degré de stabilité au feu et de résistance des planchers est gradué selon la hauteur du bâtiment et l'effectif reçu, conformément aux articles CO 11 à CO 15.
À retenir en pratique
- Le gros œuvre est rarement modifié après réception de l'établissement, à la différence du second œuvre, régulièrement transformé par l'exploitant.
- Un matériau incombustible n'est pas nécessairement stable au feu : l'acier, incombustible, perd une part significative de sa résistance mécanique dès 500 à 600 degrés Celsius sans protection rapportée.
- Les matériaux minéraux (béton, béton armé, pierre, brique) sont généralement incombustibles et dotés d'une bonne résistance au feu, mais peuvent subir des altérations mécaniques sous l'effet de la chaleur, comme l'éclatement du béton.
- Un agent SSIAP ne contrôle pas directement le gros œuvre lors de ses rondes, mais doit savoir le distinguer du second œuvre pour comprendre où se situe réellement un désordre constaté.
Confusion fréquente
- Le gros œuvre porte la résistance au feu de la structure : c'est elle qui permet au bâtiment de rester debout et de conserver ses fonctions séparatives pendant une durée donnée. La réaction au feu, elle, concerne presque toujours le second œuvre. Voir les fiches Résistance au feu et Réaction au feu.
Aller plus loin
Pour approfondir : Cours SSIAP 3 : les matériaux de construction.
Voir aussi
Questions fréquentes
Le gros œuvre concerne-t-il la réaction au feu ou la résistance au feu ?
La résistance au feu. Le gros œuvre porte la structure du bâtiment (murs porteurs, planchers, charpente) : sa performance au feu se mesure par la durée pendant laquelle il conserve sa fonction porteuse, exprimée en SF, PF, CF ou en REI.
Un matériau incombustible du gros œuvre est-il toujours stable au feu ?
Non. L'acier est incombustible mais perd sa résistance mécanique dès 500 à 600 degrés Celsius sans protection rapportée, contrairement à certaines structures bois dimensionnées au feu.
Pourquoi distingue-t-on gros œuvre et second œuvre en visite de sécurité ?
Parce que le second œuvre (cloisons, portes, revêtements) est régulièrement transformé par l'exploitant et fait l'objet de contrôles réguliers, alors que le gros œuvre reste stable après réception de l'établissement.