Point d'inflammation
Le point d'inflammation est le deuxième des trois seuils de température d'un liquide combustible : à partir de cette température, les vapeurs émises suffisent pour que la combustion se maintienne d'elle-même, même après retrait de la source d'allumage.
Définition
Pour un liquide combustible, le point d'inflammation est le deuxième des trois seuils de température croissants qui caractérisent sa capacité à s'enflammer. Après le point d'éclair, où le liquide émet juste assez de vapeurs pour un flash bref au contact d'une flamme sans que la combustion ne s'entretienne, le point d'inflammation est la température à partir de laquelle ces vapeurs suffisent pour que la combustion se maintienne, même après retrait de la source d'allumage. Le troisième seuil, le point d'auto-inflammation, est atteint quand le liquide s'enflamme tout seul, sans flamme pilote ni source d'allumage extérieure.
Cadre réglementaire
- Comme le point d'éclair, le point d'inflammation n'est pas défini par un article spécifique du règlement de sécurité incendie français, mais par les classifications physico-chimiques des liquides inflammables (voir la fiche Point d'éclair pour le règlement CLP et la nomenclature ICPE, qui reposent sur les mêmes seuils de température).
- Le référentiel pédagogique SSIAP (arrêté du 2 mai 2005 modifié) l'introduit dans la séquence consacrée à la théorie du feu, comme deuxième seuil de la série croissante caractérisant un liquide combustible.
À retenir en pratique
- Ordre croissant à retenir : point d'éclair, puis point d'inflammation, puis point d'auto-inflammation.
- Au point d'éclair, l'inflammation n'est qu'un flash bref : retirer la source d'allumage éteint tout. Au point d'inflammation, la combustion se maintient d'elle-même une fois amorcée.
- Exemple donné par le référentiel pour l'essence : point d'éclair environ -40 °C, point d'auto-inflammation entre 246 et 280 °C. Le cours ne donne pas de valeur chiffrée distincte pour le point d'inflammation, situé entre ces deux seuils.
- Au point d'auto-inflammation, plus aucune source d'allumage extérieure n'est nécessaire : le liquide s'enflamme seul, ce qui en fait le seuil le plus dangereux pour un stockage porté à haute température.
- Un liquide stocké à température ambiante reste dangereux dès lors que son point d'éclair est bas, bien avant d'atteindre son point d'inflammation.
Confusion fréquente
L'écart entre point d'éclair et point d'inflammation est précis et fait l'objet de questions pièges au QCM. Au point d'éclair, l'inflammation est un flash qui s'éteint sitôt la source d'allumage retirée : la combustion ne s'entretient pas. Au point d'inflammation, la combustion se maintient d'elle-même une fois lancée, même après retrait de la source. Le point d'auto-inflammation, souvent confondu avec les deux précédents, s'en distingue par l'absence totale de source d'allumage extérieure : le liquide s'enflamme de lui-même, sous le seul effet de sa température.
Aller plus loin
Pour approfondir : Cours SSIAP 1 : le feu et ses conséquences.
Voir aussi
- Point d'éclair - le premier des trois seuils, juste avant le point d'inflammation
- Triangle du feu - les trois éléments nécessaires à la combustion
- Classes de feu - la classe B des liquides inflammables, concernée par ces seuils
- Énergie d'activation - la source de chaleur dont le besoin diminue à mesure que ces seuils sont franchis
- LIE - l'équivalent, pour un gaz, des seuils de température d'un liquide
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le point d'éclair et le point d'inflammation ?
Au point d'éclair, le liquide émet juste assez de vapeurs pour un flash bref au contact d'une flamme, sans que la combustion ne s'entretienne. Au point d'inflammation, les vapeurs suffisent pour que la combustion se maintienne d'elle-même, même après retrait de la source d'allumage.
Le point d'auto-inflammation fait-il partie de cette fiche ?
Oui, c'est le troisième seuil, le plus élevé : le liquide s'enflamme tout seul, sans flamme pilote ni source d'allumage extérieure.
Pourquoi ces trois seuils sont-ils croissants ?
Parce qu'ils demandent de moins en moins d'aide extérieure pour que la combustion s'installe : un simple flash au point d'éclair, une combustion entretenue une fois amorcée au point d'inflammation, puis plus aucune source nécessaire au point d'auto-inflammation.