Glossaire sécurité incendie

Réarmement SSI

Remise en veille du Système de Sécurité Incendie
Procédure SSIAP 1

Réarmer un SSI, c'est le ramener en position de veille - son état normal de surveillance - après un événement : déclenchement d'un détecteur automatique ou d'un déclencheur manuel, mise en sécurité partielle ou générale. Sur un SSI de catégorie A, le réarmement n'est pas un geste unique mais une séq

Définition

Réarmer un SSI, c'est le ramener en position de veille - son état normal de surveillance - après un événement : déclenchement d'un détecteur automatique ou d'un déclencheur manuel, mise en sécurité partielle ou générale. Sur un SSI de catégorie A, le réarmement n'est pas un geste unique mais une séquence : arrêter la signalisation sonore, acquitter les alarmes et défauts sur l'ECS et le CMSI, puis remettre les DAS (portes coupe-feu, clapets, volets de désenfumage) en position de veille. Il n'intervient qu'après une levée de doute ayant confirmé l'absence de sinistre.

Réarmement, acquittement, levée de doute : trois opérations distinctes

  • Levée de doute : se rendre sur place pour vérifier l'origine de la détection (feu ou fumée réels, ou déclenchement intempestif). C'est le préalable obligatoire à toute remise en veille.
  • Acquittement : accuser réception de l'information sur le tableau (arrêt du signal sonore, prise en compte). Pendant la temporisation, l'acquittement du processus permet de stopper l'alarme générale avant son déclenchement - mais il ne réarme rien.
  • Réarmement : remise effective de l'ECS, du CMSI et des DAS en état de veille, une fois le danger écarté.
  • Essai SSI : contrôle périodique programmé du système, sans rapport avec la gestion d'une alarme réelle.

Qui peut réarmer ? Une question de niveau d'accès, pas de grade

Le droit de réarmer dépend du niveau d'accès au matériel (norme NF S 61-931), attribué nominativement par le responsable de l'établissement - et non du grade SSIAP. Chaque opération correspond à un niveau d'accès :

OpérationNiveau d'accès (NF S 61-931)
Acquitter, arrêter le signal sonoreNiveau 1 - exploitation courante, sans code
Réarmer après une mise en sécurité (CMSI, DAS)Niveau 2 - personne désignée et formée ; code ou clé
Inhiber un détecteur, opérations de maintenanceNiveau 3 - technicien de maintenance SSI

À ne pas confondre : niveau d'accès et grade SSIAP

Le niveau d'accès (matériel, NF S 61-931) et le grade SSIAP (qualification du personnel, arrêté du 02/05/2005) sont deux choses indépendantes. Le réarmement après mise en sécurité relève du niveau d'accès 2, mais ce niveau n'est pas réservé à un grade :

  • C'est le responsable de l'établissement qui désigne nominativement les personnes disposant de l'accès niveau 2. Le niveau d'accès n'est pas attaché au diplôme.
  • Un SSIAP 1 dispose très souvent de l'accès niveau 2 : c'est même le cas le plus courant pour l'agent au poste de sécurité. À l'inverse, un SSIAP 2 peut n'avoir qu'un accès niveau 1 si l'établissement le décide.
  • Aucun diplôme SSIAP n'est juridiquement exigé pour réarmer un SSI. Un service SSIAP n'est obligatoire que selon le type et la catégorie de l'ERP (article MS 46) ; ailleurs, une personne désignée et formée par l'exploitant (article MS 47), sans diplôme SSIAP, peut être habilitée à exploiter et réarmer le SSI.
  • Le SSIAP 3 (chef de service) manage le service et suit les obligations de contrôle et d'entretien ; il n'est pas le technicien de maintenance et n'a pas, du fait de son grade, un accès niveau 3. La maintenance relève d'un technicien compétent ou de l'installateur (article MS 68).

À retenir en pratique

  • Le réarmement n'intervient jamais avant la levée de doute : remettre le système en veille sans avoir vérifié l'origine de l'alarme peut masquer un départ de feu réel.
  • Réarmer après une mise en sécurité relève du niveau d'accès 2 (NF S 61-931), attribué par l'exploitant à des personnes désignées et formées, et protégé par code ou par clé - indépendamment du grade SSIAP.
  • Un DAS ne revient pas seul en veille : il reste en position de sécurité tant qu'il n'a pas été réarmé. Un réarmement incomplet laisse une fonction de mise en sécurité inopérante (porte coupe-feu restée fermée, désenfumage maintenu, etc.).
  • L'arrêté du 25/06/1980 (article MS 69) place la remise en état sous la responsabilité de l'exploitant, qui doit s'assurer que le personnel est instruit du fonctionnement de l'installation.
  • Dans les ERP dotés d'un service de sécurité incendie, l'effectif minimal de l'article MS 46 (au moins trois agents dont un chef d'équipe) doit permettre d'assurer cette mission à tout moment d'exploitation, y compris la nuit et le week-end.
  • Faire réarmer le SSI par une personne ni désignée ni formée engage la responsabilité de l'exploitant et peut justifier un refus de garantie de l'assureur en cas de sinistre ultérieur.

Confusion fréquente

On confond souvent "arrêter la sonnerie" et "réarmer". Couper le signal sonore (acquittement) ne remet pas le système en veille : tant que le SSI n'est pas réarmé et les DAS repositionnés, l'installation n'est pas revenue à son état normal de surveillance. À l'inverse, réarmer trop vite, sans levée de doute aboutie, fait perdre l'information d'un éventuel sinistre. Enfin, on confond fréquemment le niveau d'accès au matériel (qui peut manœuvrer) avec le grade SSIAP (qualification du personnel) : ce sont deux notions distinctes, et réarmer n'exige pas d'être titulaire d'un diplôme SSIAP.

Voir aussi

  • Niveau d'accès - c'est lui, et non le grade, qui autorise à réarmer.
  • Cartouche CO2 - remettre en service un désenfumage percuté relève du niveau d'accès 2.
  • SSI - Système de Sécurité Incendie.
  • CMSI - Centralisateur de Mise en Sécurité Incendie.
  • ECS - Équipement de Contrôle et de Signalisation.
  • DAS - Dispositif Actionné de Sécurité.
  • SSIAP - Service de Sécurité Incendie et d'Assistance à Personnes.
  • Essai SSI - Test périodique du SSI, à distinguer du réarmement.
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