Agents extincteurs gazeux
Le CO2 et l'inergen éteignent par inertage, en abaissant le taux d'oxygène ; le FM 200 éteint par inhibition chimique : trois agents gazeux qui équipent les installations fixes d'extinction automatique à gaz (MS 30).
Définition
Les agents extincteurs gazeux équipent les installations fixes d'extinction automatique à gaz, régies par l'article MS 30 du règlement de sécurité ERP, pour protéger des risques que l'eau ne peut traiter efficacement : salles informatiques, armoires électriques, matières particulièrement inflammables ou feux de liquides. Les agents les plus courants sont le CO2, l'inergen et le FM 200 : les deux premiers agissent par inertage, en réduisant le taux d'oxygène de l'atmosphère du local protégé, le troisième par inhibition chimique de la réaction de combustion.
Cadre réglementaire
- Article MS 30 de l'arrêté du 25 juin 1980 modifié : impose un avis préalable de la commission de sécurité pour toute installation à gaz ou à mousse, et classe les locaux de stockage des produits extincteurs comme locaux à risques importants.
- Article MS 73 : vérifications et registre de sécurité applicables aux installations fixes d'extinction automatique.
- Note du ministère de l'Intérieur du 3 janvier 2012 : encadre le recours à certaines installations fixes comme mesure compensatoire, sous avis de la commission de sécurité, en cas de dérogation réglementaire.
À retenir en pratique
- L'inertage, CO2 et inergen, réduit le taux d'oxygène de l'atmosphère du local pour priver le foyer de comburant ; l'inhibition, FM 200, agit directement sur la réaction chimique de combustion.
- Une installation à gaz comprend un système de détection, une alarme sonore et visuelle, un organe de commande et de contrôle, une réserve de produit extincteur, une tuyauterie de distribution et des diffuseurs.
- Une alarme de pré-décharge, sonore et visuelle, associée à une temporisation, impose l'évacuation immédiate des locaux avant l'envoi du gaz : l'atmosphère qui en résulte est dangereuse pour toute personne présente.
- Le chef d'équipe qui perçoit cette alarme doit s'assurer que la zone est intégralement évacuée avant la décharge du gaz.
- Contrairement au sprinkleur, une installation à gaz protège des risques spéciaux, comme les locaux électriques ou les salles informatiques, où l'eau causerait des dégâts ou serait inefficace.
Confusion fréquente
- Les agents extincteurs gazeux sont parfois confondus entre eux alors qu'ils n'agissent pas par le même mécanisme : le CO2 et l'inergen éteignent par inertage, en abaissant le taux d'oxygène disponible pour la combustion, tandis que le FM 200 éteint par inhibition chimique de la réaction de combustion, sans modifier significativement la teneur en oxygène. Cette distinction n'est pas seulement théorique : elle explique pourquoi l'évacuation préalable des locaux reste obligatoire avant la décharge, quel que soit l'agent employé.
Aller plus loin
Pour approfondir : Cours SSIAP 2 : installations fixes d'extinction automatique.
Voir aussi
- IEAG (installation d'extinction automatique à gaz)
- CO2 (extincteur à dioxyde de carbone)
- Inhibition
- Extincteur
Questions fréquentes
Pourquoi faut-il évacuer avant la décharge d'un agent gazeux ?
Parce que les agents gazeux agissent en modifiant l'atmosphère du local, soit en abaissant le taux d'oxygène par inertage, soit en agissant chimiquement sur la combustion par inhibition : dans les deux cas, l'atmosphère qui en résulte est dangereuse pour toute personne présente. L'alarme de pré-décharge impose cette évacuation avant l'envoi du gaz.
Le CO2 et le FM 200 agissent-ils de la même façon ?
Non. Le CO2 agit par inertage, en réduisant le taux d'oxygène de l'atmosphère du local pour priver le foyer de comburant. Le FM 200 agit par inhibition chimique, en interrompant directement la réaction de combustion, sans modifier autant la teneur en oxygène.
Une installation à gaz remplace-t-elle un extincteur portatif dans le même local ?
Non. Elle protège automatiquement un risque spécial identifié, comme une salle informatique ou une armoire électrique, mais ne dispense pas l'établissement des moyens de première intervention prévus par le règlement de sécurité. Les deux dispositifs sont complémentaires, pas substituables l'un à l'autre.