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Chien guide à l'entrée : il y a maintenant deux cartes

Depuis le 19 août 2026, la carte "mobilité inclusion" n'est plus la seule à ouvrir la porte au chien guide. Une seconde carte donne le même droit, avec un seuil trois fois plus bas, et elle n'apparaît dans aucun référentiel SSIAP. Ce qui change au poste d'accueil.

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par Mickael Mingeau
4 mn de lecture
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Chien guide à l'entrée : il y a maintenant deux cartes

Une personne se présente à l'entrée. Un chien en harnais à ses côtés. Derrière vous, l'affiche du règlement intérieur : animaux interdits. Vous faites quoi ?

La réponse est connue depuis longtemps : le chien entre. Ce qui vient de changer, c'est ce que vous devez regarder pour le vérifier. Depuis le 19 août 2026, ce n'est plus une carte qui ouvre la porte. C'est deux.

Deux cartes, plus une seule

Je vais être direct : le texte qui fonde ce droit n'est pas dans le règlement de sécurité. C'est l'article 88 de la loi du 30 juillet 1987, un texte social. Il autorise l'accès des chiens guides d'aveugle et des chiens d'assistance aux transports et aux lieux ouverts au public.

Jusqu'au 18 août 2026, il visait une seule catégorie : les titulaires de la carte "mobilité inclusion" portant les mentions "invalidité" et "priorité". Plus l'éducateur du chien, pendant la formation de l'animal.

Depuis le 19 août, la liste en compte trois :

  • les titulaires de la carte "mobilité inclusion" portant les mentions "invalidité" et "priorité" ;
  • les titulaires de la carte d'invalidité du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
  • les personnes chargées de l'éducation du chien, pendant toute sa période de formation.

Le deuxième point est nouveau. Les deux autres étaient déjà là.

La carte que personne n'attend au poste d'accueil

Cette carte d'invalidité militaire est délivrée à tout militaire ou victime civile de guerre pensionné pour une invalidité d'au moins 25 %. Elle n'a rien à voir avec la carte "mobilité inclusion".

PIÈGE : beaucoup vont chercher la carte "mobilité inclusion", ne la trouveront pas, et concluront que la personne n'a pas de droit. C'est faux. La carte "mobilité inclusion" est délivrée par le conseil départemental et sa mention "invalidité" suppose 80 % d'incapacité. La carte militaire part de 25 % et relève d'une tout autre autorité.

Elle ne lui ressemble pas non plus. Au verso, on peut lire "Cécité" quand le titulaire est aveugle, ou "Priorité-station debout pénible". Certaines portent une double barre rouge, qui signale un besoin d'accompagnateur.

Je constate que ce point n'est enseigné nulle part. La carte d'invalidité militaire n'apparaît dans aucun référentiel SSIAP. Elle arrive pourtant à votre accueil, et elle ouvre exactement le même droit.

Ce qui n'a pas bougé, et qu'on rate encore

Trois points restent inchangés, et ce sont ceux que je rappelle le plus souvent en face à face.

L'interdiction générale des animaux affichée dans un règlement intérieur n'est pas opposable à ces chiens. Un chien guide n'est pas un animal de compagnie. Aucun règlement d'établissement ne peut le transformer en tel.

La présence du chien ne peut donner lieu à aucune facturation supplémentaire. Ni supplément, ni caution, ni "participation au nettoyage".

Et le chien travaille. On ne l'appelle pas, on ne le caresse pas, on ne saisit pas son harnais. Si vous accompagnez la personne, placez-vous du côté opposé au chien.

Refuser l'entrée, ce n'est pas une maladresse de procédure. C'est un refus d'accès. Disons-le.

Le texte qui punit le refus, lui, n'a pas suivi

Ce refus est sanctionné. L'article R. 241-23 du code de l'action sociale et des familles le punit de l'amende prévue pour les contraventions de la 3e classe.

Or ce texte n'a pas été retouché. Au 25 août 2026, il en est resté à sa rédaction du 1er janvier 2017, et il ne cite que la carte "mobilité inclusion" et les anciennes cartes d'invalidité et de priorité d'avant 2017. Pas la carte militaire.

Je ne dis pas qu'un refus opposé à un porteur de carte militaire échapperait à toute sanction. Je dis que le droit d'accès s'est élargi et que le texte qui punit le refus, lui, est resté à 2017. Bien entendu. À suivre.

Ce que ça change à votre poste, dès ce soir

Vous êtes SSIAP 1, seul à la banque d'accueil d'un centre commercial, un samedi à 14 h. Concrètement, la question n'est pas juridique. Elle est visuelle : est-ce que vous savez à quoi ressemble une carte d'invalidité militaire ?

Si la réponse est non, vous venez de trouver votre point de progression de la semaine. Et je vous le dis franchement : dans la très grande majorité des cas, vous n'aurez rien à contrôler du tout. Un harnais, un chien calme au pied, une personne qui avance. Vous ouvrez.

La carte, c'est pour le jour où quelqu'un vous demandera de justifier votre décision. Ce jour-là, savoir qu'il en existe deux vous évitera de refuser la bonne personne.

Le sujet dépasse le seul chien guide. L'accueil d'une personne handicapée relève d'une obligation de formation propre, distincte de tout ce que vous avez vu en SSIAP 1, où le programme traite l'évacuation et le bâti, pas l'accueil. Le module Bien accueillir les personnes handicapées reprend les six réflexes à corriger, dont celui du chien à l'entrée, désormais à jour de cette évolution.

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