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Être SSIAP et devenir sapeur-pompier volontaire : grade et dispenses - sécurité incendie SSIAP

Être SSIAP et devenir sapeur-pompier volontaire : grade et dispenses

On connaît la reconnaissance pompier vers SSIAP. L'inverse existe aussi : un SSIAP peut devenir sapeur-pompier volontaire, avec un grade d'engagement et des dispenses de formation. Voici comment, à jour 2026.

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par Mickael Mingeau
5 mn de lecture
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Fin juillet 2026. La Gironde et les Landes brûlent. Plus de 19 000 hectares partis en fumée autour de Saumos, environ 110 000 personnes évacuées, des renforts venus d'autres départements et même de l'étranger. Depuis janvier, la France a déjà vu brûler près de 42 000 hectares, un rythme record, et trois sapeurs-pompiers ont perdu la vie cet été. Derrière chaque lance, un chiffre qu'on oublie : 8 pompiers sur 10 sont des volontaires. Environ 200 000 femmes et hommes qui, en plus de leur métier, répondent à l'alerte.

Le problème ? Ce vivier s'érode. La France a perdu près de 30 000 volontaires en trente ans, et la fédération estime qu'il en faudrait 50 000 de plus d'ici 2030. Alors je pose une question simple : et si une partie de la réponse était déjà en poste dans nos ERP, nos hôpitaux et nos centres commerciaux ?

Car il existe en France de l'ordre de 30 000 à 35 000 agents de sécurité incendie employés par les sociétés de sécurité, et bien davantage si l'on compte les SSIAP intégrés directement aux établissements. Des professionnels du feu qui connaissent déjà la prévention, l'alarme, l'évacuation, le premier secours. Un réservoir de vocations. Et une passerelle taillée pour eux.

La passerelle inverse, celle qu'on oublie

On connaît tous la reconnaissance qui va du pompier vers le SSIAP : un ancien sapeur-pompier peut décrocher un diplôme SSIAP par équivalence. C'est l'objet de l'arrêté du 2 mai 2005, et de notre outil Équivalences SSIAP. Ce qu'on sait moins, c'est que l'inverse existe aussi. Un professionnel de la sécurité incendie peut s'engager comme sapeur-pompier volontaire (SPV) en faisant reconnaître sa fonction. Avec, à la clé, un grade d'engagement et des dispenses de formation.

Cette possibilité n'est pas nouvelle : elle remonte à 1999. Mais son fondement juridique a beaucoup bougé, et beaucoup d'articles qui traînent sur le web citent encore des textes abrogés. Remettons les choses à jour.

Quel grade quand on s'engage ?

La règle de base : les personnes chargées de la prévention des incendies et de la lutte contre le feu dans les entreprises, les ERP ou les immeubles de grande hauteur peuvent être engagées comme sapeur-pompier volontaire. C'est aujourd'hui le Code de la sécurité intérieure qui le prévoit, à son article R. 723-89.

Et le grade proposé à l'engagement dépend de la fonction exercée. La grille, fixée par l'arrêté du 6 mai 2000, est la suivante :

  • Agent de sécurité incendie ou équipier (SSIAP 1) → engagement au grade de sapeur.
  • Chef d'équipe de sécurité incendie (SSIAP 2) → engagement au grade de sergent.
  • Chef de service de sécurité incendie (SSIAP 3) → engagement au grade de lieutenant.

Soyons précis, parce que c'est un piège classique : le SSIAP n'est pas converti en grade de pompier. Votre diplôme ne vous rend pas sergent du jour au lendemain. Ce que dit le texte, c'est le grade auquel vous pouvez être engagé si vous devenez volontaire, sous réserve de l'avis du service et de votre aptitude. La nuance compte : un niveau SSIAP et un grade de sapeur-pompier ne sont pas la même chose.

Des dispenses de formation, pas une dispense totale

Deuxième avantage, et pas des moindres : les dispenses de formation. Un SSIAP qui s'engage peut être dispensé de tout ou partie de la formation initiale de sapeur-pompier volontaire, après évaluation de ses aptitudes par son service. Logique : quand on maîtrise déjà l'alarme, le désenfumage, la manipulation des moyens de secours et le compte rendu, on ne réapprend pas tout à zéro.

Attention toutefois à ne pas vendre du rêve. Ce n'est pas une dispense totale. Le cœur du métier de pompier, l'engagement opérationnel et le secours à personne, reste à acquérir. Concrètement, le service analyse vos attestations, titres, diplômes et votre expérience, puis accorde les dispenses par blocs de compétences. C'est le mécanisme prévu par l'arrêté du 22 août 2019 sur la formation des sapeurs-pompiers, celui qui a remplacé l'arrêté de 2013 que citent encore trop d'articles.

Les conditions pour s'engager

Il faut aussi remplir les conditions générales, les mêmes que pour tout candidat volontaire (Code de la sécurité intérieure, article R. 723-6) :

  • avoir 16 ans au moins (accord écrit du représentant légal pour un mineur) ;
  • jouir de ses droits civiques ;
  • avoir un casier judiciaire (bulletin n° 2) compatible avec les fonctions ;
  • s'engager à servir avec disponibilité et discrétion, dans le respect de la charte du sapeur-pompier volontaire ;
  • être en règle au regard du service national ;
  • remplir les conditions d'aptitude médicale et physique fixées par arrêté.

Rien d'insurmontable pour un professionnel déjà habitué aux visites médicales et à la discipline d'un poste de sécurité.

Comment se lancer concrètement

On se rapproche du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de son département, ou directement d'un centre d'incendie et de secours proche de chez soi. C'est le SDIS qui instruit la demande, évalue les aptitudes et prononce l'engagement. Mettez en avant votre qualification SSIAP et votre expérience : c'est précisément ce qui déclenche la correspondance de grade et les dispenses.

À retenir

  • Un SSIAP peut s'engager comme sapeur-pompier volontaire en faisant reconnaître sa fonction.
  • Grade d'engagement selon le niveau : sapeur (SSIAP 1), sergent (SSIAP 2), lieutenant (SSIAP 3).
  • Dispense possible de tout ou partie de la formation initiale, après évaluation par le SDIS.
  • Base à jour : Code de la sécurité intérieure (art. R. 723-89 et R. 723-6) et arrêté du 6 mai 2000. Le décret de 2013 et l'arrêté de 2013 ne sont plus les bonnes références.

Alors, on s'engage ?

Pendant que les massifs brûlent, la question et si personne ne venait ? n'a jamais été aussi concrète. Vous êtes SSIAP, vous connaissez le feu, vous savez garder la tête froide dans un PC sécurité. Vous avez déjà une longueur d'avance. Le reste, le SDIS vous aidera à l'acquérir.

Envie d'explorer l'autre sens de la passerelle ? Notre outil Équivalences SSIAP calcule en direct ce qu'un parcours de sapeur-pompier ouvre côté SSIAP.

À lire aussi

Sources

  • Code de la sécurité intérieure, art. R. 723-89 (engagement des personnels de prévention incendie comme sapeur-pompier volontaire) et art. R. 723-6 (conditions générales d'engagement).
  • Arrêté du 6 mai 2000 relatif à l'engagement en qualité de sapeur-pompier volontaire des personnels chargés de la prévention des incendies et de la lutte contre le feu dans les entreprises, les ERP et les IGH, art. 1 à 4.
  • Arrêté du 22 août 2019 relatif aux formations des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, art. 7 à 10 (dispenses au titre des titres, diplômes et expérience).
  • Feux de forêt 2026 : ministère de l'Intérieur et préfecture de la Gironde, données EFFIS. Volontariat : FNSPF, plan d'actions 2026-2028 pour les sapeurs-pompiers volontaires.
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