Recyclage SSIAP 1 · Séquence 2/3

Moyens
de secours

Un point sur les agents extincteurs et le système de sécurité incendie (SSI) : ce que vous connaissez déjà, ce qui a pu évoluer depuis votre formation initiale ou votre dernier recyclage.

  • Durée3h
  • Partie2/3
  • RéférentielAnnexe V
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Fiche 01 · Agents extincteurs

Le bon agent pour le bon feu

Pourquoi c'est importantSe tromper d'agent extincteur ne se contente pas d'être inefficace : sur un feu de friteuse ou un local électrique sous tension, ça peut aggraver la situation ou mettre l'agent en danger. Un recyclage doit remettre ce réflexe à plat, pas seulement le mémoriser.

Chaque agent extincteur est adapté à une ou plusieurs classes de feux, et inadapté - parfois dangereux - sur les autres. L'eau pulvérisée convient aux feux de classe A (solides). Sur une friteuse, ce sont le jet plein et l'eau jetée au seau qui projettent l'huile enflammée : l'agent le plus adapté à la classe F est justement à base d'eau, un extincteur à eau pulvérisée avec additif explicitement marqué F, en pratique coté ABF.

Eau (+ additif)

Classe A, efficace par refroidissement. Pulvérisée, elle limite les projections. Jet plein proscrit sur un feu électrique sous tension. Sur une friteuse, jamais de jet ni de seau : l'appareil adapté est justement à eau pulvérisée avec additif, marqué F.

Poudre

Polyvalente (ABC ou BC selon le type), agit par inhibition de la réaction en chaîne. Laisse un résidu qui peut endommager du matériel électronique sensible.

CO₂

Agit par étouffement, ne laisse aucun résidu : adapté aux feux électriques et au matériel sensible. Inefficace en extérieur ou en présence de vent.

Eau + additif (effet mousse)

Adaptée aux feux de liquides inflammables (classe B) : le film qu'elle forme isole le combustible de l'air.

Point de vigilance récentLes batteries lithium-ion (trottinettes, vélos électriques, outillage) posent un risque d'emballement thermique qui ne relève d'aucune classe de feu de la norme NF EN 2. Face à un tel départ de feu, la consigne reste la même qu'en formation initiale : ne pas s'exposer, privilégier le refroidissement à l'eau en grande quantité si l'accès est sûr, et alerter sans délai. Le recyclage est le moment de mettre cette consigne à jour quand elle évolue.

Un agent SSIAP doit aussi savoir lire la plaque signalétique d'un extincteur : type d'agent, capacité, date de la dernière vérification. Un extincteur dont la vérification périodique est dépassée n'est pas fiable, même s'il paraît en bon état visuel.

Réflexe

Un feu d'origine électrique sous tension doit être attaqué avec :

Fiche 02 · Système de sécurité incendie

Le SSI, en bref

Le SSI est le système qui détecte, alerte et déclenche les mises en sécurité (désenfumage, compartimentage, alarme) : c'est l'outil que l'agent de poste manipule le plus souvent en situation réelle.
SDILe système de détection incendie (SDI) regroupe les détecteurs automatiques et déclencheurs manuels qui remontent l'information au SSI.
CMSILe centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI) reçoit l'alarme et pilote les fonctions de mise en sécurité : compartimentage, désenfumage, évacuation.

Le SSI d'un établissement est classé par catégorie (de A à E selon les textes applicables), en fonction du niveau de risque de l'établissement. Un agent qui change d'affectation doit systématiquement identifier la catégorie du SSI de son nouveau poste : les manipulations et le temps de réaction attendus ne sont pas les mêmes sur toutes les catégories.

Le rôle de l'agent au poste de sécurité n'est pas de reprogrammer le SSI mais de savoir lire ses signalisations : identifier une zone de détection en alarme, distinguer un défaut d'une alarme feu, et déclencher la procédure de levée de doute prévue par les consignes de son établissement avant d'alerter les secours.

Réflexe

Le déclenchement du SDI (détection) informe automatiquement :

Fiche 03 · Moyens d'extinction

Au-delà de l'extincteur portatif

Pourquoi c'est importantL'annexe V distingue explicitement les moyens d'extinction des agents extincteurs portatifs : ce sont les installations fixes de l'établissement, souvent moins manipulées au quotidien qu'un extincteur, donc plus vite oubliées entre 2 recyclages.
RIALe robinet d'incendie armé délivre un débit d'eau continu, bien supérieur à un extincteur, via un tuyau semi-rigide enroulé sur un dévidoir. Sa portée (le jet + la longueur du tuyau déroulé) doit permettre d'atteindre tout point du local qu'il défend, y compris par un cheminement non rectiligne (contournement d'un obstacle).

La mise en œuvre d'un RIA suit une logique simple : ouvrir l'alimentation en eau, dérouler entièrement le tuyau avant d'ouvrir la lance (un tuyau à moitié déroulé peut se plier et couper le débit), puis diriger le jet à la base des flammes. Comme pour l'extincteur, l'eau du RIA est à proscrire sur un feu d'origine électrique sous tension tant que l'alimentation n'est pas coupée.

Colonne sèche

Tuyauterie vide, réservée aux sapeurs-pompiers : ils l'alimentent en pression depuis leur véhicule via un raccord en façade. Un agent SSIAP n'a pas vocation à l'utiliser lui-même.

Colonne humide

Tuyauterie en permanence sous pression, alimentée par une réserve d'eau du bâtiment : elle peut être utilisée directement par le service de sécurité, comme un RIA de gros diamètre.

Poteaux et bouches d'incendie complètent ce dispositif à l'extérieur du bâtiment : ce sont les points de puisage que les services de secours publics utilisent pour alimenter leurs propres engins. Un agent SSIAP doit savoir où ils se trouvent sur son établissement, pour pouvoir les indiquer sans délai à l'arrivée des secours.

Réflexe

Avant d'ouvrir la lance d'un RIA, il faut :

Il reste 4 fiches dans cette séquence

Voici ce qu'elles couvrent.

  1. Fiche 04 · Implantation et échéances

    L'extincteur qu'on croit disponible

  2. Fiche 05 · Extinction automatique

    L'IFEA que personne ne surveille

  3. Fiche 06 · Niveaux d'accès

    3 commandes qu'on confond au poste

  4. Fiche 07 · Disponibilité des moyens fixes

    Ce qui rend un RIA ou une colonne inutilisable

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