SSIAP.PRO Média SSIAP - actu, jurisprudences, simulateur, QCM
Chargement...

Abonnez-vous à notre newsletter

C'est fait ! Vérifiez votre boîte mail

Pour finaliser votre inscription, cliquez sur le lien de confirmation dans votre boîte mail. Si vous ne le recevez pas dans les 3 minutes, vérifiez vos spams.

OK, merci

L'alarme incendie en ERP : les 4 types d'équipement (MS 61 à MS 67)

Alarme générale ou restreinte ? Type 1, 2a, 2b, 3 ou 4 ? Les composants (DM, BAAS Ma/Sa, UGA), les 4 types d'équipement d'alarme et leurs règles d'installation, expliqués article par article.

Mickael Mingeau profile image
par Mickael Mingeau
6 mn de lecture
Partager cet article :
Tableau de signalisation alarme incendie ERP avec voyants rouges - sécurité incendie

Dans un établissement recevant du public, l'alarme incendie n'est pas un simple avertisseur sonore. C'est un ensemble réglementé qui va du bouton rouge près de la sortie jusqu'à la sirène qui ordonne l'évacuation. L'arrêté du 25 juin 1980 en fixe les principes aux articles MS 61 à MS 67, et la norme NF S 61-936 classe le matériel en quatre types, du plus au moins exigeant. Cet article fait le tri entre alarme, alerte et alarme restreinte, détaille les composants, puis passe en revue les types 1, 2a, 2b, 3 et 4 avec ce que chacun contient réellement.

Alarme, alerte : ne pas confondre

Trois notions sont souvent mélangées sur le terrain. L'article MS 61 les distingue clairement.

  • L'alarme générale est le signal sonore, parfois complété d'un signal visuel, qui a pour but de prévenir les occupants d'avoir à évacuer les lieux. C'est le signal destiné au public. Elle peut être immédiate ou temporisée.
  • L'alarme restreinte est un signal, sonore et visuel, distinct du précédent, qui avertit uniquement le poste de sécurité, la direction, le gardien ou le personnel désigné, de l'existence et de la localisation d'un sinistre. Le public ne l'entend pas.
  • L'alerte ne figure pas dans les MS 61 à 67 : c'est l'appel des secours extérieurs (les sapeurs-pompiers), traité à l'article MS 70.

Le lien logique est le suivant : un déclencheur ou un détecteur provoque l'alarme restreinte ; le personnel « exploite » cette alarme restreinte, c'est-à-dire vérifie s'il s'agit d'un déclenchement intempestif ou d'un vrai sinistre (article MS 61) ; puis, si le feu est confirmé, il déclenche l'alarme générale et l'alerte des secours. À noter aussi l'alarme générale sélective (article MS 63), réservée au personnel dans les établissements où l'évacuation demande des précautions particulières (personnes à mobilité réduite, effectifs très importants).

Pour savoir quel moyen d'alerte des secours est exigé dans votre ERP, voir notre outil dédié sur l'alerte des sapeurs-pompiers, qui traite l'appel des secours et non l'évacuation.

Les composants d'un équipement d'alarme

Avant de parler des types, il faut connaître les briques de base. On les retrouve, en combinaison variable, dans chaque type d'équipement.

  • Déclencheur manuel (DM) : le boîtier rouge à membrane déformable placé près des sorties, qui permet à toute personne de signaler un début d'incendie. Voir la fiche déclencheur manuel.
  • Diffuseur sonore (DS) : l'appareil électroacoustique qui émet le signal normalisé d'évacuation, audible dans tout le bâtiment. Voir la fiche diffuseur sonore.
  • Bloc autonome d'alarme sonore (BAAS) : un diffuseur qui intègre sa propre alimentation. Il existe en trois versions selon le rôle : Sa (satellite, simple répétiteur sonore autonome), Ma (autonome à commande manuelle, coeur du type 3) et Pr (principal, qui commande les autres dans le type 2b). Voir la fiche BAAS.
  • Unité de gestion d'alarme (UGA) : l'équipement, intégré au centralisateur de mise en sécurité incendie, qui commande la diffusion de l'alarme générale et gère la temporisation. Voir la fiche UGA.

Le terme UGA relève du référentiel SSI (norme NF S 61-936). Dans le texte de l'arrêté, il apparaît sous les expressions « tableau de signalisation » ou « équipement de signalisation centralisé ».

Les 4 types d'équipement d'alarme

L'article MS 62 pose le cadre : les équipements d'alarme sont classés « en quatre types par ordre de sévérité décroissante, appelés 1, 2 a ou 2 b, 3 et 4 ». Deux règles opposables sont à retenir tout de suite. D'une part, seuls les types 1, 2a et 2b comportent une temporisation (article MS 62). D'autre part, un exploitant qui souhaite une temporisation alors que son établissement ne requiert qu'un type 3 ou 4 doit monter au minimum en type 2a ou 2b et en respecter toutes les contraintes.

La composition détaillée qui suit provient de la norme NF S 61-936. Les points confirmés directement par l'arrêté sont signalés.

Type 1 (le plus complet)

  • détection automatique d'incendie généralisée (système de détection, SDI) ;
  • déclencheurs manuels ;
  • unité de gestion d'alarme (UGA) intégrée au centralisateur ;
  • diffuseurs sonores normalisés ;
  • temporisation possible, réglable, plafonnée à cinq minutes, avec exploitation de l'alarme restreinte.

C'est le seul type qui associe systématiquement la détection automatique à la gestion d'alarme. L'article MS 66 impose d'ailleurs, pour le type 1, que chaque boucle de déclencheurs manuels soit séparée des boucles de détecteurs automatiques d'incendie.

Type 2a

  • déclencheurs manuels (pas de détection automatique généralisée) ;
  • unité de gestion d'alarme (UGA) centralisée ;
  • diffuseurs sonores normalisés ;
  • temporisation possible.

Le type 2a garde une gestion centralisée par UGA, mais l'initiative du déclenchement vient des personnes, pas d'une détection automatique.

Type 2b

  • déclencheurs manuels ;
  • un BAAS principal (BAAS Pr) qui assure la commande ;
  • des BAAS satellites (BAAS Sa) pour diffuser le signal ;
  • temporisation possible.

Ici la centralisation par UGA est remplacée par un BAAS principal, plus simple. Le BAAS Pr peut gérer plusieurs boucles de déclencheurs manuels.

Type 3

  • déclencheurs manuels ;
  • un ou plusieurs BAAS de type Ma reliés entre eux ;
  • pas de temporisation.

Ce type est nommément visé par l'arrêté : l'article MS 65 parle des « blocs autonomes d'alarme sonore (BAAS de type Ma) » et impose qu'une action sur un seul déclencheur manuel fasse fonctionner tous les BAAS du bâtiment, avec une mise à l'arrêt à partir d'un point unique.

Type 4 (le plus simple)

  • tout dispositif sonore, à la seule condition d'être autonome : cloche, sifflet, trompe, ou BAAS de type Sa associé à un interrupteur ;
  • pas de déclencheur manuel normalisé exigé, pas de détection, pas de temporisation.

C'est la définition littérale de l'article MS 62. Le type 4 se contente de rendre le signal d'évacuation audible ; il est renvoyé, pour le reste, aux dispositions particulières de chaque type d'établissement.

Type d'alarme et catégorie de SSI

Le type d'alarme n'est qu'un maillon d'un ensemble plus large, le système de sécurité incendie (SSI), classé en catégories A à E. En règle générale admise, la correspondance est la suivante :

  • catégorie A : alarme de type 1 ;
  • catégorie B : type 2a ;
  • catégorie C : type 2b ;
  • catégorie D : type 3 ;
  • catégorie E : type 4.

Attention : cette correspondance n'est pas gravée dans l'arrêté de façon universelle. L'article MS 62 renvoie aux « dispositions particulières à chaque type d'établissement », qui précisent au cas par cas le type exigé selon la catégorie de l'ERP. Nous détaillons la logique des catégories A à E, leur composition et leur détermination dans un article dédié : Les catégories de SSI (A à E).

Où et comment : règles d'installation

L'article MS 65 fixe les conditions d'installation, souvent vérifiées en visite de commission de sécurité :

  • les déclencheurs manuels sont disposés dans les circulations, à chaque niveau, à proximité immédiate de chaque escalier, et au rez-de-chaussée près des sorties ;
  • ils sont placés à environ 1,30 mètre du sol, ne doivent pas être dissimulés par le vantail d'une porte maintenue ouverte, et ne pas présenter une saillie supérieure à 0,10 mètre ;
  • les diffuseurs sonores, notamment les BAAS des types Ma et Sa, sont mis hors de portée du public, par une hauteur minimale de 2,25 mètres ou par un obstacle ;
  • le tableau de signalisation des types 1 et 2 est installé dans un local non accessible au public et surveillé pendant l'exploitation (article MS 66) ;
  • pour ces mêmes types, l'alarme générale se déclenche automatiquement au terme d'une temporisation réglable, plafonnée à cinq minutes (article MS 66), et une commande manuelle doit toujours permettre de déclencher l'alarme générale immédiatement.

Enfin, l'article MS 67 rappelle qu'aucun autre signal sonore de l'établissement ne doit pouvoir être confondu avec le signal d'alarme générale, et que le personnel doit connaître la signification de ce signal.

Les erreurs fréquentes

  1. Confondre alarme restreinte et alarme générale. La restreinte alerte le personnel ; la générale ordonne l'évacuation du public. Les deux signaux doivent être distincts.
  2. Croire que tout ERP a une temporisation. Seuls les types 1, 2a et 2b la permettent, et uniquement si un personnel qualifié peut exploiter l'alarme restreinte (article MS 66).
  3. Régler une temporisation à plus de cinq minutes. C'est le maximum réglementaire (article MS 66), et elle doit être réduite, voire annulée, si les conditions d'exploitation changent.
  4. Prendre le type d'alarme pour la catégorie de SSI. Ce sont deux classements liés mais distincts : le SSI se classe de A à E, l'alarme de 1 à 4.
  5. Installer les déclencheurs manuels loin des sorties ou trop haut. La règle est claire : près des issues, à environ 1,30 mètre.
  6. Oublier l'alerte des secours. Déclencher l'évacuation ne dispense pas d'appeler les sapeurs-pompiers : c'est une obligation distincte (article MS 70).

Bilan

L'alarme incendie en ERP se lit à deux niveaux : la nature du signal (restreinte pour le personnel, générale pour l'évacuation) et le type d'équipement (de 1, le plus complet, à 4, le plus simple). L'arrêté du 25 juin 1980 en fixe les principes aux articles MS 61 à 67 ; la norme NF S 61-936 en précise la composition. Le bon réflexe de l'agent de sécurité incendie est de savoir, pour son établissement, quel type est exigé et pourquoi.

Pour aller plus loin :

Les textes de référence

  • MS 61 : terminologie de l'alarme générale, restreinte et générale sélective.
  • MS 62 : classement des équipements d'alarme en quatre types.
  • MS 65 : conditions d'installation des déclencheurs manuels et des diffuseurs.
  • MS 66 : règles spécifiques aux types 1 et 2, temporisation de cinq minutes maximum.
  • MS 67 : conditions d'exploitation, non-confusion du signal d'alarme générale.

Ce contenu a une vocation informative. Seuls les textes en vigueur et l'avis de la commission de sécurité compétente font foi.

Mickael Mingeau profile image
par Mickael Mingeau
Partager cet article :

Consulter d'autres articles sur le même thème

Politique de confidentialité Politique relative aux cookies Conditions générales Mentions légales