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Les catégories de SSI (A à E) : composition et méthode de choix

Un SSI articule un SDI qui détecte et un SMSI qui met en sécurité. Ses cinq catégories, de A à E, et leur correspondance avec les types d'alarme 1 à 4, expliquées article par article.

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par Mickael Mingeau
6 mn de lecture
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Tableau de commande SSI avec voyants lumineux dans un ERP – catégories SSI sécurité incendie

Un Système de Sécurité Incendie (SSI) n'est pas un simple boîtier d'alarme. C'est l'ensemble des matériels qui collectent, traitent et exploitent les informations liées à la sécurité incendie d'un établissement, puis déclenchent les fonctions de mise en sécurité. Le règlement de sécurité contre l'incendie dans les ERP classe ces systèmes en cinq catégories, de A à E, par ordre de sévérité décroissante : A est la configuration la plus complète, E la plus simple. Cet article explique ce que contient réellement un SSI, ce qu'exige chaque catégorie, et comment cette catégorie est imposée, jamais choisie librement.

Qu'est-ce qu'un SSI ?

L'article MS 53 de l'arrêté du 25 juin 1980 définit le SSI comme l'ensemble des matériels servant à collecter les informations ou ordres liés à la sécurité incendie, à les traiter et à assurer la mise en sécurité de l'établissement. Cette mise en sécurité peut comporter le compartimentage, l'évacuation des personnes, le désenfumage, l'extinction automatique et la mise à l'arrêt de certaines installations techniques.

Dans sa forme complète, un SSI se compose de deux sous-ensembles.

Le SDI (système de détection incendie) détecte le feu et transmet l'information. Il regroupe trois familles de matériels :

  • les DAI (détecteurs automatiques d'incendie), qui décèlent un début d'incendie (fumée, chaleur, flamme) ;
  • les DM (déclencheurs manuels d'alarme), ces boîtiers à membrane que le public actionne à hauteur d'environ 1,30 m, à proximité des escaliers et des sorties ;
  • l'ECS (équipement de contrôle et de signalisation), l'unité qui reçoit et signale les informations des détecteurs et déclencheurs.

Le SMSI (système de mise en sécurité incendie) exécute les ordres de sécurité. L'article MS 59 le définit comme l'ensemble des équipements qui assurent la mise en sécurité, à partir des informations du SDI ou d'ordres manuels. Il comprend :

  • les DAS (dispositifs actionnés de sécurité) : portes coupe-feu, clapets, exutoires de désenfumage, dispositifs de déverrouillage des issues ;
  • les équipements de commande de ces DAS. Dans les configurations les plus élaborées, cette commande est centralisée par un CMSI (centralisateur de mise en sécurité incendie), dont l'UGA (unité de gestion d'alarme) gère la diffusion de l'alarme générale d'évacuation.

Retenez la logique : le SDI est le cerveau qui détecte, le SMSI est le bras qui met en sécurité. La catégorie du SSI dépend surtout de la richesse de ces deux blocs.

Les 5 catégories, de A à E

L'article MS 53 pose le principe des cinq catégories et renvoie, pour leur composition détaillée, aux normes d'installation (la norme NF S 61-931). Voici, de la plus exigeante à la plus simple, ce qui caractérise chacune. La composition ci-dessous est établie à partir de sources techniques concordantes ; les intitulés exacts des matériels de commande relèvent de la norme.

Catégorie A (la plus complète)

C'est le SSI maximal. Il comporte un SDI complet (ECS + DAI + DM) : la détection est automatique. Le SMSI est piloté par un CMSI avec UGA, qui commande l'ensemble des DAS. C'est la seule catégorie où la détection automatique déclenche directement la mise en sécurité, et sans temporisation pour les fonctions concernées (article MS 60). Elle s'accompagne d'une mission obligatoire de coordination SSI.

Catégorie B

La catégorie B perd la détection automatique : il n'y a pas de DAI, la détection repose sur les déclencheurs manuels seuls. En revanche, la mise en sécurité reste centralisée par un CMSI. Le CMSI des catégories A et B doit être admis à la marque NF (article MS 59). C'est la frontière essentielle du système : au-dessus, on centralise ; en dessous, on simplifie.

Catégorie C

Plus de CMSI centralisé au sens strict. La détection reste manuelle (DM), et les DAS sont commandés par des dispositifs de commande plus simples, qui les pilotent directement. Le niveau de coordination baisse d'un cran.

Catégorie D

Système encore allégé. La détection est manuelle, et les DAS fonctionnent souvent selon le principe de la sécurité positive (mise en sécurité par manque de tension), commandés par un dispositif de commandes manuelles regroupées. L'article MS 60 précise que les seuls DAS pouvant être télécommandés par l'alarme d'un SSI de catégorie D ou E sont les portes résistant au feu à fermeture automatique et le déverrouillage des issues de secours.

Catégorie E (la plus simple)

C'est essentiellement une fonction d'alarme. Pas de détection automatique, pas de mise en sécurité centralisée : un équipement d'alarme autonome, éventuellement complété d'une commande manuelle de désenfumage. On est proche du strict minimum réglementaire.

SSI et type d'alarme

À ne pas confondre avec les catégories de SSI : les équipements d'alarme. L'article MS 62 classe ces équipements en quatre types par ordre de sévérité décroissante : 1, 2a ou 2b, 3 et 4. Seuls les types 1, 2a et 2b comportent une temporisation ; le type 4 peut être un simple dispositif sonore autonome (cloche, bloc autonome d'alarme sonore de type Sa).

Dans la pratique, chaque catégorie de SSI est associée à un type d'équipement d'alarme. Cette correspondance, confirmée par des sources techniques concordantes, est la suivante :

  • catégorie A : équipement d'alarme de type 1 ;
  • catégorie B : type 2a ;
  • catégorie C : type 2b ;
  • catégorie D : type 3 ;
  • catégorie E : type 4.

Attention : c'est la correspondance classique établie par les normes d'installation. Le texte opposable (article MS 62) ne fige pas ce couplage : il renvoie aux dispositions particulières propres à chaque type d'ERP le soin de préciser le type d'alarme exigé. Autrement dit, c'est le règlement applicable à votre établissement qui tranche.

Comment est choisie la catégorie ?

C'est le point le plus mal compris : la catégorie de SSI ne se choisit pas. L'article MS 53 est clair, « les dispositions particulières à chaque type d'établissement précisent, le cas échéant, la catégorie du système de sécurité exigé ». De même, l'article MS 62 renvoie aux dispositions particulières pour le type d'alarme.

Concrètement, la catégorie exigée dépend du type d'ERP (J, L, M, N, O, R, U, etc.) et de sa catégorie d'effectif, de la 1re à la 5e. Un établissement de soins ou recevant un public à mobilité réduite sera tiré vers un SSI de catégorie A avec détection automatique généralisée ; un petit commerce de 5e catégorie pourra se contenter d'un équipement d'alarme de type 4. L'exploitant et le concepteur proposent le découpage en zones, mais la catégorie plancher, elle, est imposée par le règlement, puis validée par la commission de sécurité.

Les erreurs fréquentes

  1. Confondre catégorie de SSI et type d'alarme. Une catégorie (A à E) décrit tout le système ; un type (1 à 4) ne décrit que l'équipement d'alarme. Les deux sont liés, mais ce ne sont pas les mêmes lettres ni les mêmes chiffres.
  2. Croire que la catégorie A est toujours obligatoire. Elle ne l'est que si les dispositions particulières l'imposent. Sur-dimensionner un SSI coûte cher sans obligation.
  3. Penser que SSI égale détecteurs de fumée partout. La détection automatique généralisée ne caractérise que la catégorie A. En B, C, D et E, la détection repose sur les déclencheurs manuels.
  4. Oublier la maintenance. Toute installation de détection impose un contrat d'entretien avec essais fonctionnels (article MS 58), annexé au registre de sécurité.
  5. Négliger le rôle de l'agent de sécurité incendie. L'article MS 57 rappelle qu'une installation de détection suppose, pendant la présence du public, un personnel permanent qualifié pour alerter les secours et exploiter l'alarme restreinte.

Bilan

Un SSI articule un SDI qui détecte et un SMSI qui met en sécurité. Ses cinq catégories, de A à E, traduisent une exigence décroissante : détection automatique et commande centralisée en A, simple alarme autonome en E. La catégorie n'est pas un choix de confort mais une obligation dictée par le type et la taille de votre ERP.

Pour aller plus loin, consultez les fiches du glossaire technique :

Et pour visualiser comment ces composants s'articulent en fonctionnement, testez notre simulateur de SSI.

Les textes de référence

  • MS 53 : objet du SSI, cinq catégories A à E, renvoi aux dispositions particulières.
  • MS 59 : système de mise en sécurité incendie, marque NF du CMSI en catégories A et B.
  • MS 60 : automatismes, DAS télécommandables en catégories D et E.
  • MS 62 : classement des équipements d'alarme en quatre types.

Ce contenu a une vocation informative. Seuls les textes en vigueur et l'avis de la commission de sécurité compétente font foi.

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