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SSIAP.PRO Éclairage de sécurité
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Comprendre l’éclairage de sécurité en manœuvrant l’installation

Ce simulateur affiche un couloir d’ERP vu vers sa sortie, ses blocs au plafond et un tableau de commande. Vous coupez le secteur, déclenchez l’alarme, mettez un bloc en panne, basculez sur une alimentation centralisée, passez l’établissement en locaux à sommeil, remettez le balisage au repos. La scène réagit à chaque manœuvre. La découverte guidée enchaîne douze étapes commentées, chacune avec sa consigne. Voici ce qu’elles enseignent, avant même d’y jouer.

Ce qui se passe quand le courant tombe

Trois éclairages portent des noms voisins. Le normal, c’est celui de tous les jours. Le remplacement prend la suite du normal pour permettre de poursuivre l’exploitation EL 4 §4 : ce n’est pas de la sécurité, il sert à continuer de travailler, et sa fiche de référence est la source de remplacement. L’éclairage de sécurité, lui, ne s’allume que lorsque les deux premiers ont lâché ; pendant l’exploitation il reste en veille EC 7.

Coupez le secteur : le couloir plonge dans le noir et les blocs balisent le chemin jusqu’à la sortie. La source tient une durée assignée de fonctionnement d’une heure au moins EC 7. L’appareil qui rend ce service a sa fiche : le bloc autonome d’éclairage de sécurité.

Le déclencheur, c’est la défaillance de l’éclairage normal ou de remplacement EC 7, pas la perte du secteur en elle-même. "La défaillance de la source de remplacement entraîne le fonctionnement de l’éclairage de sécurité" EL 4 §4 : les deux ne forment qu’un seul déclencheur. Le chapitre a sa fiche, EC, éclairage, les installations aussi, EL, installations électriques.

Un bloc éteint, et le chemin n’est plus balisé

Mettez un bloc en panne : une portion du couloir n’est plus balisée. C’est une zone d’ombre : une personne qui fuit dans la fumée suit les points lumineux, rien d’autre. Deux prescriptions différentes combattent cela, et on les confond souvent.

Le règlement refuse aussi de tout confier à un seul appareil : au moins deux blocs dans un dégagement de plus de 15 mètres EC 12 §6, au moins deux blocs par local pour l’ambiance EC 12 §7. Une lampe qui claque ne doit pas éteindre la fonction entière.

Quand l’alarme ne commande rien

Voilà l’erreur la plus tenace du métier : beaucoup d’agents croient que le déclenchement de l’alarme incendie allume l’éclairage de sécurité. Faites l’essai : secteur présent, alarme déclenchée, il ne se passe rien.

En établissement courant, ce qui met l’éclairage de sécurité en service, c’est la défaillance de l’éclairage normal ou de remplacement EC 7. Jamais un ordre du système de sécurité incendie. Le réveil par l’alarme existe, mais uniquement là où l’on dort : ne généralisez pas ce cas particulier.

Éclairer le chemin, ou éclairer la salle

L’éclairage de sécurité rend deux services distincts. L’évacuation balise le chemin ; on la reconnaît au pictogramme vert de l’homme qui court, et ses règles sont celles vues plus haut, 45 lumens et 15 mètres EC 9.

L’ambiance, ou anti-panique, éclaire toute la surface d’un local : voir les obstacles, éviter la panique. Pas de pictogramme, un simple diffuseur. Elle est basée sur 5 lumens par mètre carré, et le rapport entre la distance maximale de deux foyers voisins et leur hauteur au-dessus du sol reste inférieur ou égal à 4 EC 10 §2. C’est la hauteur d’implantation qui compte, pas la hauteur sous plafond.

L’ambiance est obligatoire à partir de 100 personnes en étage ou au rez-de-chaussée, 50 en sous-sol EC 8 §3. L’évacuation est exigée plus tôt : dès 50 personnes, ou dès 300 mètres carrés en étage et au rez-de-chaussée, 100 mètres carrés en sous-sol EC 8 §2.

Une phrase pour ne plus les inverser : l’évacuation dit où aller, l’ambiance fait voir le local.

D’où vient le courant quand tout est coupé

Deux architectures, et le choix est libre par défaut EC 7. Soit des blocs autonomes : chaque appareil porte sa batterie et son voyant vert de charge, sur du câble ordinaire. Soit une source centralisée : une batterie d’accumulateurs alimente les luminaires par des câbles résistants au feu. Attention au vocabulaire, le sigle LSC désigne le luminaire, jamais l’alimentation qui le nourrit ; c’est l’objet de la fiche source centralisée d’éclairage de sécurité.

La voie centralisée a ses servitudes. Les canalisations sont de catégorie CR 1 EL 16 §1 a). Sur leur parcours, aucun dispositif de protection n’est admis EC 11 §6 : un organe qui déclencherait ferait tomber le balisage au pire moment. Et il faut deux circuits distincts, un pour l’ambiance de chaque local, un pour l’évacuation de chaque dégagement de plus de 15 mètres EC 11 §7.

La nuit, dans un établissement où l’on dort

Un établissement qui comporte des locaux à sommeil et n’a pas de source de remplacement complète l’éclairage d’évacuation de ses circulations. Deux branches, alternatives et jamais cumulées O 15 : soit des blocs pour l’habitation d’une durée assignée de 5 heures, soit une source centralisée d’au moins 6 heures. Le piège de chiffres est là : 5 heures d’un côté, 6 heures de l’autre. La fiche du premier est le bloc autonome d’éclairage d’habitation.

Le fonctionnement change aussi, et c’est la seule exception au principe vu plus haut. À l’absence de tension, les blocs d’évacuation sont mis automatiquement au repos, et leur passage en fonctionnement est subordonné au déclenchement du processus d’alarme O 15. Trois temps : exploitation normale, coupure avec les blocs d’habitation qui tiennent les circulations, puis alarme qui réveille le balisage d’évacuation. On laisse dormir les gens tant qu’il n’y a pas de sinistre.

Les vérifications que personne ne fera à votre place

C’est l’exploitant qui tient son installation. Une fois par mois, il s’assure de deux choses, et la seconde est celle qu’on oublie : le passage en fonctionnement avec allumage de toutes les lampes, et l’efficacité de la commande de mise à l’état de repos à distance, avec la remise automatique en veille au retour de l’alimentation. Une fois tous les six mois, il s’assure de l’autonomie d’au moins une heure. Les opérations et leurs résultats sont consignés au registre de sécurité EC 14 §3 : une date seule ne prouve rien. L’exploitant dispose aussi en permanence des lampes de rechange EC 13 ; pas le prestataire, l’exploitant.

Restent les essais automatiques. Les blocs utilisés pour l’évacuation disposent d’un système de test automatique EC 12 §4, ce que le métier appelle le SATI, et les appareils conformes à la norme NF C 71-820 sont présumés y satisfaire. L’appareil s’essaie tout seul, plus souvent que le règlement ne l’exige de vous. Ce report de voyants ne vous dispense de rien : il exécute l’essai, il ne remplit pas le registre. Le mécanisme est détaillé dans la fiche système automatique de test intégré.

Le soir où l’on coupe volontairement

Dernière commande du tableau, et elle obéit à un ordre. On met l’éclairage de sécurité à l’état de repos dans un seul cas : quand l’éclairage normal est mis intentionnellement hors tension EC 14 §2. Le cas concret, ce sont les travaux de nuit, établissement fermé au public. Essayez la commande secteur présent : elle est refusée, et c’est logique.

En blocs autonomes, la manœuvre passe par des dispositifs de mise à l’état de repos centralisée, à proximité des organes de commande d’EC 6 EC 12 §5. Au retour de l’alimentation, les blocs reviennent d’eux-mêmes en veille : c’est le second point de l’essai mensuel.

Par-dessus ce socle, chaque activité ajoute ses exigences : certaines imposent la source centralisée en 1re et 2e catégories, d’autres le complément des établissements à sommeil, et les parcs de stationnement ont leurs espacements propres. Chacune a son article, et un établissement sans disposition particulière citable reste au régime général EC 7. Le sujet est traité en entier dans le référentiel des dispositions particulières.