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Deux matériaux de construction face aux flammes illustrant réaction au feu et résistance au feu en sécurité incendie

Réaction au feu ou résistance au feu : deux notions à ne plus confondre

Réaction au feu et résistance au feu sont deux notions distinctes — et non interchangeables. Euroclasses, CPR, CR1-C1 : ce qu’il faut retenir, câbles compris.

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par Mickael Mingeau
2 mn de lecture
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Réaction au feu, résistance au feu : deux notions très proches en apparence, très différentes en pratique. La confusion est fréquente, y compris chez les professionnels, et elle n’est pas anodine : elle peut conduire à une prescription inadaptée. Un produit peut être performant face au feu, encore faut-il savoir quelle performance on attend de lui.

1. La réaction au feu : limiter la contribution à l’incendie

La réaction au feu répond à une première question : comment le matériau contribue-t-il lui-même au développement de l’incendie ? On l’évalue sur plusieurs critères :

  • la propagation de la flamme ;
  • la chaleur dégagée ;
  • la production de fumée ;
  • les gouttelettes ou particules enflammées ;
  • l’acidité des gaz émis.

C’est l’univers des Euroclasses de la norme NF EN 13501-1, qui classent les matériaux de A1 (incombustible, ne contribue pas au feu) à F. Le classement complet s’accompagne d’indices : s pour la fumée et d pour les gouttelettes, par exemple B-s1,d0. En clair : la réaction au feu vise à limiter l’aggravation du sinistre et ses conséquences - propagation, fumées, perte de visibilité.

2. La résistance au feu : maintenir une fonction pendant l’incendie

La résistance au feu répond à une tout autre question : l’élément permet-il de maintenir une fonction pendant l’incendie ? On parle alors de continuité de service, d’intégrité de circuit ou de maintien de fonction. C’est typiquement le sujet des installations qui doivent continuer à fonctionner en situation de feu :

  • alarme incendie ;
  • désenfumage ;
  • éclairage de sécurité ;
  • alimentation des systèmes critiques et installations de sécurité des bâtiments sensibles.

Pour les éléments de construction, la résistance au feu se lit avec les symboles R (stabilité), E (étanchéité aux flammes et gaz) et I (isolation thermique), assortis d’une durée : EI 30, REI 60, R 120 (norme NF EN 13501-2).

3. Le cas des câbles : ne pas tout mélanger

Les câbles illustrent bien le piège, car ils portent les deux classifications, qui n’ont rien à voir :

  • Réaction au feu - sous le règlement européen Produits de Construction (CPR, règlement UE 305/2011), les câbles sont classés en Euroclasses Aca à Fca, avec des indices propres : s (fumée), d (gouttelettes) et a (acidité des gaz). Exemple : Cca-s1,d2,a1.
  • Résistance au feu - en France, c’est la catégorie CR1 de la norme NF C 32-070 qui garantit le maintien du circuit sous feu. Les câbles de sécurité sont désignés CR1-C1 ou CR1-C2 selon leur comportement à la propagation de flamme (C1 ou C2).

Autrement dit, un câble peu propagateur (bonne réaction au feu) n’est pas pour autant un câble de maintien de fonction. Un câble Cca affiche une bonne réaction au feu ; cela ne dit rien de sa capacité à alimenter une alarme ou un ventilateur de désenfumage pendant l’incendie - c’est la mention CR1 qui le garantit.

4. Deux approches non interchangeables

C’est le point clé. Une bonne réaction au feu n’implique jamais automatiquement un maintien de fonction, et inversement. La bonne question n’est donc pas « ce produit résiste-t-il au feu ? », mais : « quelle fonction de sécurité doit-il assurer : limiter la contribution à l’incendie, ou maintenir une fonction pendant l’incendie ? »

Pour l’agent de sécurité incendie comme pour le prescripteur, savoir distinguer les deux, c’est éviter une non-conformité - et, en réception d’installation, contrôler la cohérence entre le produit posé et celui prescrit au dossier technique.

Pour aller plus loin

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